Antonin Bernanos reste en détention provisoire, décision juridiquement justifiée ou mesure en prévision du G7

Le militant «antifa» Antonin Bernanos reste en détention provisoire

Antonin Bernanos, est incarcéré depuis le 18 avril, après une bagarre avec des militants d’extrême droite.
La cour d’appel de Paris à rendu sa décision, le militant écope de quatre mois supplémentaires en détention provisoire. Malgré l’espoir d’une libération sous contôle judiciaire avec bracelet électronique, ses proche disent néanmoins ne pas être surpris par cette décision.


Antonin Bernanos, arrière petit-fils de l’écrivain Georges Bernanos, est étudiant en sociologie à l’EHESS âgé de 25 ans, le 15 avril, à la suite d’une bagarre ( à laquelle il nie avoir participé)  a été arrêté. La rixte opposait « des militants antifascistes aux fascistes de Génération identitaire, des Zouaves Paris et de la Milice Paris »,expliquait quelques jours plus tard un communiqué de Libérons-les, un collectif de « solidarité contre la répression ».
le 18 avril, Antonin Bernanos est placé en détention provisoire et mis en examen pour « violence commise en réunion sans incapacité en récidive »et « vol avec violence ayant entraîné une incapacité totale de travail supérieure à 8 jours en récidive », après la plainte déposée par un militant, blessé, de l’autre camp, qui a identifié formellement Antonin Bernanos « comme faisant partie du groupe »« sans pouvoir dire quel(s) coup(s) ce dernier lui a porté(s) ».

Cinq « antifas » au total seront placés en garde à vue puis mis en examen. Quatre seront placés sous contrôle judiciaire.
Pour Antonin Bernanos, il en sera autrement, il est placé en détention provisoire à la maison d’arrêt de Fresnes, en isolement médiatique, «un régime très à part, mais qui n’était pas légal », d’après l’un des ses avocats, Me Arié Alimi.
fin juin il a ensuite été transféré à la prison de la Santé à Paris.

Officiellement la décision de la cour d’appel, de prolonger la détention provisoire du militant est que c’est ; « l’unique moyen d’empêcher une concertation frauduleuse » entre Antonin Bernanos et « ses co-auteurs ou complices », avant l’interrogatoire de la juge d’instruction prévu le 20 août. Mais également d’empêcher « une pression sur les témoins et les victimes, ainsi que sur leur famille », la cour de préciser qu’il y a « des facteurs qui démontrent une certaine connaissance des uns par les autres et inversement ». En outre, la cour estime que la détention est l’unique moyen « de prévenir le renouvellement de l’infraction », argumentant que le risque est « actuel et prégnant ».
Sa mère, Geneviève Bernanos, quand à elle rappelle, tout comme son avocat dans sa plaidoirie, que dans cette affaire son fils s’est présenté à toutes les convocations.
Elle déplore l’argument du procureur qui invoque le maintien en détention pour être sûr qu’il se rende à la première audition par le juge d’instruction prévue le 20 août. La mère du militant estime que: « En aucun cas la libération d’Antonin ne l’aurait empêché de se présenter le 20 août, puis de retourner dans le lieu de sa surveillance sous bracelet électronique. »
A savoir que cette première convocation est tombée quelques jours après le rejet de la demande de prolongation de sa détention provisoire par la juge des libertés et de la détention.

Lors de la première audience le 2 août dernier, la juge des libertés et de la détention s’était pourtant prononcée pour une remise en liberté sous surveillance électronique. Les proches d’Antonin Bernanos, membres notamment du collectif Libérons-les, dénoncent cette prolongation en postant sur les réseaux sociaux suite à la décision de l’AFP: « La justice persiste dans son acharnement contre Antonin, et manifeste une fois de plus son tournant autoritaire à l’encontre de celles et ceux qui osent défier l’État »

Concaté par Mediapart dans un entretien téléphonique Me Arié Alimi, à déclaré: « Il y a un calendrier assez malsain, on a attendu quatre mois, et ça n’est qu’au moment d’une remise en liberté potentielle que la juge d’instruction décide de fixer en plein mois d’août une audition. Ça correspond véritablement à une volonté d’influencer la décision de la cour d’appel, en disant : il faut d’abord qu’il soit interrogé avant d’être remis en liberté. »
 Pour l’avocat d’Antonin Bernanos, il s’agit ni plus ni moins d’une « méthode souvent utilisée par les juges d’instruction pour maintenir quelqu’un en détention provisoire ».

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