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Politique: Macron en visite à Rome, prié de cacher sa joie dans l’Italie post-Salvini

Emmanuel Macron s’est rendu ce mercredi en Italie pour rencontrer Sergio Mattarella et Giuseppe Conte.

Une relation politique exécrables.

Voilà l’état dans lequel étaient les relations entre la France et l’Italie il y a un plus ou moins an. Paris avait rappelé son ambassadeur à Rome, après des “déclarations outrancières” et des attaques “sans précédent” formulées par Matteo Salvini, ex-ministre de l’Intérieur d’extrême droite, et Luigi Di Maio, alors vice-premier ministre. 

Après 7 mois, l’attelage populiste M5S/Lega a explosé et Matteo Salvini a perdu son coup de poker ainsi que son poste au gouvernemen. Il se retrouve désormais à siéger parmi l’opposition, alors que les sociaux-démocrates font eux leur retour aux affaires. C’est dans ce contexte qu’Emmanuel Macron se rend à Rome ce mercredi 18 septembre pour y rencontrer le chef de l’État, Sergio Mattarella, et le Président du Conseil Giuseppe Conte, tous deux reconduits, mais au sein d’une coalition où les populistes ont reculé.

L’ Élysée précise que cette rencontre est “importante sur le fond et le symbolique”, expliquant qu’il s’agit de marquer “la continuité de nos relations au-delà des péripéties politiques”. Une manière diplomatique de préciser que Paris souhaite tourner la page et repartir sur des bases plus saines.

Nouveau chapitre

L’ Élysée insiste sur l’importance du rendez-vous, car si le président de la République ne reste que quelques heures de l’autre côté des Alpes, il s’agira de la première rencontre bilatérale que le nouvel exécutif italien accordera à un chef d’État étranger.

Au menu des discussions, rien d’inattendu: les questions économiques et budgétaires européennes ainsi que la question migratoire.

Un thème sur lequel Emmanuel Macron s’est ostensiblement positionné sur le plan national. Le président français devrait ainsi plaider pour un “mécanisme stable” de répartition des demandeurs d’asile à l’échelle européenne et défendre le principe “humanitaire” de l’accostage aux ports les plus proches. Un souhait qui entre en contradiction avec celui du gouvernement italien, qui défend l’idée d’une “rotation des ports d’accueil” en Méditerranée. 

Malgré cette différence d’approche, l’Élysée espère arriver à des “solutions communes”, précisant que “l’évolution de la situation politique italienne semble positive”, de par le fait que le nouveau gouvernement “assume un discours pro-européen”. Il semblerait néanmoins que le dossier du TGV Lyon-Turin,  l’un des facteurs de l’éclatement de la coalition populiste, ne sera pas à l’ordre du jour. Mais pas question pour autant d’aller à Rome en donnant l’impression d’arriver en terrain conquis.

“Satisfaction mal placée”

Bien que la situation politique italienne soit objectivement plus favorable à la France qu’elle ne l’était il y a quelques mois, l’Élysée préfère jouer la carte de la sobriété, soucieuse de ne surtout pas ajouter de l’huile sur le feu. “Ce déplacement se fera sans aucun sentiment de soulagement ou de satisfaction mal placée. Il serait particulièrement malvenu d’exprimer des jugements”, prévient une source diplomatique, soulignant que ce type d’attitude serait tout à fait contre-productive. 

“Il y a dans le débat politique italien un procès qui est fait à l’actuel gouvernement, qualifié ‘d’Européen’, avec le sous-entendu qu’il s’agit du gouvernement de Paris, de Berlin et de Bruxelles”, note encore l’Élysée, qui ajoute: “il ne s’agit en aucun cas d’alimenter ce mauvais procès d’un gouvernement qui serait une sorte de créature extérieure”. Autrement dit, Emmanuel Macron entend priver Matteo Salvini d’arguments qui lui permettrait de hurler à l’ingérence française. Le président de la République n’a d’ailleurs pas prévu de rencontrer Matteo Renzi, lequel s’est lancé dans une aventure en solo consistant à “combattre le salvinisme”. 

Sachant que Matteo Salvini se tient en embuscade. “L’Italie reste instable, et les forces nationalistes anti-européennes restent très présentes”, souligne l’entourage du chef de l’État, rappelant que ceux qui ont pactisé avec le parti d’extrême droite, le M5S, sont encore au gouvernement. À titre d’exemple, Luigi Di Maio est l’ actuel ministre des Affaires étrangères. Or, ce même responsable populiste s’était affiché avec des gilets jaunes au plus fort de la crise. “Du passé”, évacue aujourd’hui l’Élysée, conscient de la fragilité de la position des pro-Européens au sein du gouvernement italien. 

©Darius Fawkes pour WPA et TVPC, le 19 septembre 2019 à 00:12
Crédit photo: Emmanuel Macron et Sergio Mattarella le 11 janvier 2018 à Rome. – Vincenzo PINTO / AFP
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