France: Rouen – Incendie de Lubrizol – Récapitulatif de la journée.

Crédit Photo: L’usine Lubrizol, classée Seveso, a pris feu dans la nuit de mercredi à jeudi à Rouen. — Philippe LOPEZ / AFP

L’usine chimique Lubrizol de Rouen d’où est parti le vaste incendie, fabrique des additifs pour lubrifiants et peintures. Classé Seveso, ce site avait déjà connu un incident significatif le 21 janvier 2013 ayant généré un nuage nauséabond sur toute la région.

Qui est Lubrizol, l’entreprise dont l’usine de Rouen classée Seveso a pris feu?

Créée en 1954, l’usine, où travaillent environ 400 employés, fabrique et conditionne des additifs pour lubrifiants. Quatre gammes de produits les utilisent: les huiles moteurs essence et diesel, les lubrifiants pour engrenages, les fluides de transmissions automatiques et les lubrifiants industriels, précise le rapport RSE 2015 de l’entreprise.
Lubrizol appartient au groupe américain éponyme, propriété depuis 2011 de la compagnie holding  Berkshire Hathaway du milliardaire Warren Buffett.
Intervenant dans un secteur industriel à risque pour l’environnement, l’usine de Rouen a développé un ancrage local en créant dès 1997 un comité de riverains pour les informer sur ses activités et les risques liés.

En dépit de ces précautions, le groupe Lubrizol a connu plusieurs incidents significatifs sur ses deux sites principaux de Rouen et d’Oudalle, près du Havre. Sur son site internet, la firme chimique informe que mardi 3 septembre 2019, aux alentours de 16h00, un feu est survenu dans la salle de filtration d’une unité de fabrication d’additifs de l’usine Lubrizol à Oudalle (Le Havre). « Le feu a été rapidement maitrisé par l’équipe d’intervention de Lubrizol et le P.O.I. a été levé à 18h30, l’incendie n’a fait aucune victime. Les sapeurs-pompiers ont confirmé qu’il n’y a eu aucun rejet dans l’environnement » est-il précisé.

La France compte 705 sites Seveso seuil haut comme l'usine de Rouen
La France compte 1312 sites Seveso, dont 705 sites Seveso seuil haut, classement (risque majeur lié à la quantité totale de matières dangereuses sur site) dont fait l'objet l'usine Lubrizol de Rouen. Le ministère de la Transition écologique et solidaire rappelle "que ces sites font l’objet d’une réglementation stricte et de contrôles renforcés des services de l’État. Sur ces sites: des études de dangers sont réalisés afin d’évaluer les impacts potentiels d’un accident majeur; des mesures de maitrise des risques, visant à prévenir la survenue de tels accidents, sont imposées réglementairement; et des plans de prévention des risques technologiques, qui limitent l’urbanisation, sont mis en place. Le Plan de prévention des risques technologiques du site Lubrizol avait été approuvé en 2014." 

l’impressionnant incendie, s’est déclaré aux alentours de 2 h 40 jeudi 26 septembre dans un entrepôt de l’usine Lubrizol,

L’inquiétude face à la toxicité de l’épaisse fumée noire qui s’est dégagée du site industriel de la rive gauche rouennaise jusqu’en milieu d’après-midi, autant que les consignes de la préfecture appelant à limiter les déplacements au strict minimum, ont poussé les Rouennais à se calfeutrer à l’intérieur des habitations.

Ruée sur les masques de protection

Le panache de fumée, de 22 km de long et 6 de large, « porte en soi un certain nombre de produits qui peuvent être dangereux pour la santé », a déclaré le ministre de l’intérieur, Christophe Castaner, qui a toutefois précisé qu’il n’y avait pas de « dangerosité particulière » selon les premières analyses. L’incendie est « cantonné » et « ne devrait pas se développer de nouveau, a également déclaré M. Castaner à Rouen. Le combat que les pompiers devront mener pour maîtriser totalement la situation sur ce site durera plusieurs jours, peut-être même plusieurs semaines ».

Dans les rues de Rouen, il n’y avait jeudi quasiment pas de circulation routière et seulement quelques poignées de piétons pressés, une écharpe ou un masque de protection sur le visage. Même les policiers chargés de barrer l’accès au périmètre d’interdiction de 500 mètres établi autour du site industriel, levé en milieu d’après-midi, en portaient un. La presse locale fait d’ailleurs état d’une ruée sur ces protections respiratoires dans les pharmacies.

Des retombées de suie jusqu’à 20 km

Une odeur de brûlé, nauséabonde, a flotté dans l’air toute la matinée. Elle s’est fortement renforcée vers 13 heure, lorsque le vent s’est levé. Après que le feu a été maîtrisé en milieu d’après-midi, la fumée noire s’est peu à peu dispersée, mais la mauvaise odeur persistait dans plusieurs quartiers.

Au nord de Rouen, dans plusieurs communes rurales situées à plus de 20 km du centre-ville, des retombées de suie sont visibles un peu partout, sur les maisons, dans les jardins et sur la végétation. L’Agence régionale de santé recommande de se laver les mains en cas de contact, et de laver tous fruits et légumes avant consommation.

Dix-huit heures après le début de l’incendie quel était la situation?

Le foyer principal a été éteint, a annoncé la préfecture à 20h15. Les routes ont été rouvertes, et les habitants peuvent rentrer chez eux.
L’incendie, qui n’a pas fait de victime, « ne devrait pas se développer de nouveau», a déclaré le ministre. Le risque de sur-accident est écarté grâce à « la manœuvre qui a consisté à déplacer les produits les plus dangereux », a-t-il ajouté. « Le combat que [les pompiers] devront mener pour maîtriser totalement la situation sur ce site durera plusieurs jours, peut-être, même plusieurs semaines », précise le locataire de la Place Beauvau.

Les établissements scolaires des 12 communes concernées et d’une partie de Rouen resteront fermés vendredi et rouvriront « lundi », a indiqué le préfet de Normandie, Pierre-André Durand, lors d’un point-presse. Par ailleurs, a-t-il dit, « il est toujours conseillé aux personnes fragiles de ces communes de rester chez elles jusqu’à vendredi soir ».

Les transports en commun de l’agglomération ont été arrêtés « progressivement » jeudi après-midi après un « choix des personnels », selon le préfet, qui y voit une mesure « pas justifiée ». Ils devraient reprendre normalement vendredi matin, a-t-il assuré.

Le plan Polmar a été déployé pour écarter une pollution de la Seine qui n’a pas été observée pour le moment, a déclaré le représentant de l’État. Il n’y a « aucun risque » pour l’eau potable car il n’y a pas de captage dans le secteur, a-t-il précisé. La partie affectée par l’incendie représente « environ 10 % du site Lubrizol », soit « 1,1 hectare sur 14 », a encore indiqué Pierre-André Durand.

« Pas de dangerosité particulière »

L’usine, qui emploie 400 personnes, fabrique et commercialise des additifs pour les huiles, les carburants ou les peintures industriels. Créée en 1954 sur les bords de la Seine, rive gauche, elle a été classée Seveso, seuil haut, c’est-à-dire considérée comme un site industriel qui présente des risques d’accident majeurs.

La CGT a demandé dans un communiqué la « transparence complète sur les risques encourus » après l’incendie, s’inquiétant du niveau de sécurité dans cette entreprise où un grave incident s’était déjà produit en 2013. Sur le dernier point, le préfet a affirmé que cette usine « est aux normes telle que nous l’avons vue en 2019 », « parfaitement à niveau ». Il a cependant reconnu qu’« elle ne l’a pas toujours été » et qu’en 2017, « elle a fait l’objet d’une mise en demeure » en raison de « 17 manquements » puis « la mise à niveau a été réalisée », a-t-il assuré. Dans un communiqué, Lubrizol a précisé que « l’incendie a touché un entrepôt, une installation d’enfûtage et un bâtiment administratif ».

Des retombées jusque dans les Hauts de France !

Un impressionnant panache de fumée, de 22 km de long et six de large, a survolé la région une bonne partie de la journée, progressant vers le nord-est, traversant le Nord, le Pas-de-Calais et la Somme, avait annoncé la Préfecture de la région Hauts-de-France dans un communiqué en fin de matinée.

En plus des établissements scolaires ou accueillant du public, de nombreux restaurants et commerces de Rouen étaient fermés jeudi. L’odeur de la pollution se faisait sentir jusque dans le Nord et en Picardie, selon les préfectures. Une enquête pour déterminer l’origine de l’incendie, pour l’heure « inconnue », a été ouverte par le parquet de Rouen qui a débuté « les investigations dès ce jour ».

©Darius Fawkes pour WPA – TVPC et Journalisme 2.0 – le 26 septembre 2019 à 23:00
linktr.ee/Darius_Fawkes

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