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France: l’incendie de l’usine Lubrizol à Rouen entre hydrocarbures et amiante quel est le réel niveau de toxicité ?

De nombreuses inconnues perdurent sur la nature et les effets des substances émises depuis jeudi par l’usine chimique dans la région de Rouen.

Le préfet a affirmé lors d’un point de situation, vendredi 27 septembre à la mi-journée, que les suies contenaient des « composants essentiellement liés à la combustion d’huile de produits finis, d’additifs chimiques pour huiles et d’hydrocarbures, d’où d’ailleurs ces suies noires, grasses que nous constatons ». Il a par ailleurs écarté, à plusieurs reprises, tout risque de « toxicité aiguë » dans l’air. Des seuils légaux de toxicité aiguë sont fixés par les autorités ministérielles pour chaque composé chimique.

Pour Agnès Buzyn «La ville est clairement polluée»

La ministre de la Santé a assuré vendredi soir que la ville de Rouen a été polluée aux suies, après l’incendie de l’usine Lubrizol survenu jeudi matin.

«La ville est clairement polluée» par les suies, a déclaré la ministre de la Santé Agnès Buzyn à Rouen au lendemain de l’incendie de l’usine Lubrizol classée Seveso. Vendredi de nombreux habitants de Rouen ont été incommodés par des odeurs très fortes, provoquant nausées et même vomissements, après l’incendie qui s’est déclaré dans l’usine jeudi matin. Certains portaient masques en papier et gants pour circuler dans les rues. «Je comprends la population (…) les produits peuvent être irritants sur le moment», a expliqué la ministre. «Ce sont des suies, comme une pollution, comme des galettes par exemple de goudron sur les plages», a déclaré Mme Buzyn lors d’un point presse à Rouen.

«C’est une usine qui produit des hydrocarbures, même si elles ne sont pas en grandes quantités, même si elles sont très proches des seuils, ce n’est jamais bon pour la population de toucher ce genre de produits», a souligné Agnès Buzyn. «Je ne peux pas dire qu’il n’y pas de danger. il y a forcément des traces d’hydrocarbures», a dit Mme Buzyn. «Nous rendrons transparents la totalité des prélèvementS réalisés hier et aujourd’hui», a-t-elle affirmé.

la ministre de la Transition écologique Élisabeth Borne précise qu’il n’y a «pas de polluants anormaux dans les prélèvements effectués».

«C’est une usine qui produit des hydrocarbures, même si elles ne sont pas en grandes quantités, même si elles sont très proches des seuils, ce n’est jamais bon pour la population de toucher ce genre de produits», a souligné Agnès Buzyn. «Je ne peux pas dire qu’il n’y pas de danger. il y a forcément des traces d’hydrocarbures», a dit Mme Buzyn. «Nous rendrons transparents la totalité des prélèvement réalisés hier et aujourd’hui», a-t-elle affirmé. Élisabeth Borne a pour sa part précisé qu’il n’y avait «pas de polluants anormaux dans les prélèvements effectués». 

le pdg de Lubrizol France, Frédéric Henry, quant à lui déclare, «Je suis très étonné de voir un incendie qui se déclare en pleine nuit, dans un endroit où il n’y a personne. Je m’interroge»

Interrogée sur Franceinfo ce vendredi soir, la directrice générale de Lubrizol, Isabelle Striga, dont une partie de l’usine a brûlé jeudi à Rouen, provoquant une immense fumée noire au-dessus de la ville. «Je suis réellement embarrassée que notre activité économique ait eu cet impact-là sur la population», indique-t-elle.

La directrice assure que «des efforts sans relâche» ont été faits sur la sécurité mais regrette «des commentaires vraiment à charge» qui «blessent les salariés de l’entreprise dans des moments comme ça où ils voient l’outil de travail qui disparaît».

«On ne comprend pas mieux, mais ce n’est pas la préoccupation. Pour le moment, notre préoccupation est de sécuriser le site pour permettre aux salariés de revenir travailler dans les bâtiments», a-t-elle poursuivi.

« IL est extrêmement risqué d’avancer qu’il n’y a pas de toxicité aiguë ou, en tout cas, subaiguë, c’est-à-dire une toxicité non négligeable »

Le professeur André Picot, ancien directeur de l’unité prévention en risques chimiques au CNRS, explique dans Paris-Normandie que, sans connaître la « nature des produits », il est « extrêmement risqué d’avancer qu’il n’y a pas de toxicité aiguë ou, en tout cas, subaiguë, c’est-à-dire une toxicité non négligeable ». Selon lui, il ne faut, cependant, « pas systématiquement alarmer, tant qu’on ne connaît pas le degré de dangerosité des produits consumés ».

Des produits radioactifs s’y trouvaient-ils ?

Des internautes se sont inquiétés d’un tableau, réalisé par l’inspection des installations classées et datant de 2006, faisant état de la présence de substances « radioactives (utilisation, dépôt, stockage) sources scellées conformes », pour un volume de 6 882 mégabecquerels (MBq).

Le préfet de Seine-Maritime a toutefois assuré, vendredi matin, « qu’il n’y avait pas de produits radioactifs » stockés sur le site. Cette radioactivité s’explique, en fait, « par la présence de huit machines utilisées pour évaluer le niveau et la densité dans des bacs », explique Céline Reuter, responsable de l’unité d’expertise des sources à l’institut de radioprotection et de sûreté nucléaire (IRSN). Ces appareils de mesure, répandus dans le secteur industriel, fonctionnent grâce à du césium 137, un élément radioactif scellé dans une double enveloppe métallique. « Aucune des sources n’a été touchée par l’incendie. On a fait une levée de doute. Il y a eu confirmation », précise Jean-Yves Lagalle, colonel des pompiers de Seine-Maritime.

une toiture contenant de l’amiante est partie en fumée

Selon des habitués de l’usine, pas moins de 8000 m² de l’usine sont équipés d’un toit en fibrociment, un matériau reconnu pour ses qualités isolantes mais qui contient de l’amiante. Elle a brûlé jeudi matin lors de l’incendie.

«On connaît les dégâts sur l’organisme que cela occasionne, indique auprès de France Bleu Jean-Michel Bérégovoy, adjoint EELV au maire de la ville de Rouen. On souhaite que des études précises de la qualité de l’air soit réalisées. Il y a 8000 mètres carrés de matière amiantée dans l’atmosphère. C’est énorme.»

Toujours selon le média, la préfecture de Seine-Maritime écarte tout risque pour la santé, en se fondant sur les dernières mesures de pollution de l’air : «Comme dans de nombreux sites industriels, il y a de l’amiante, déclare Pierre-André Durand, le préfet du département. Dans l’air, il n’y a pas d’inquiétude à avoir, c’est tout à fait clair. Par contre, il y en a sur le site de l’usine et il va y avoir un travail de restauration très poussé à mener.»

©Darius Fawkes pour WPA – TVPC et Journalisme 2.0 – le 28 septembre 2019 à 00:53
linktr.ee/Darius_Fawkes

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