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France: Une étude démontre la hausse des blessures aux yeux par LBD depuis les «gilets jaunes»

La revue médicale britannique « The Lancet » a publiée les résultats de l’étude menée auprès des CHU de France.

Le nombre de blessures oculaires suspectées d’avoir été causées par les lanceurs de balle de défense (LBD) est en forte hausse depuis la crise des «gilets jaunes», relève une étude menée auprès des CHU de France et publiée dans la revue médicale britannique The Lancet.

Les auteurs de l’étude «blessures oculaires causées par des armes non-létales en France» ont fait parvenir une «enquête rétrospective» à tous les CHU de France, où sont traités les patients les plus gravement atteints, pour recenser les cas suspectés de blessures oculaires par LBD, sur la période allant de février 2016 à août 2019.

Il n’y avait plus d’obligation légale de collecter des données sur les blessures causées par des projectiles à impact cinétique.

Depuis l’introduction des armes dites moins létales en France à la fin des années 1990, il n’y avait plus d’obligation légale de collecter des données sur les blessures causées par des projectiles à impact cinétique, et aucune enquête épidémiologique n’avait été planifiée. 

Pour estimer le nombre de patients souffrant de lésions oculaires causées par l’utilisation de ces outils de défense, une enquête rétrospective pour recenser les cas suspectés de blessures oculaires par LBD, sur la période allant de février 2016 à août 2019, a été envoyée à toutes les chaires de département d’ophtalmologie des hôpitaux universitaires français, où sont gérés les cas les plus graves. 
Les données démographiques, la date du traumatisme, l’examen ophtalmologique initial et les éventuelles investigations spécialisées, la prise en charge chirurgicale initiale et immédiate de la lésion, le suivi et le pronostic visuel ont été documentés et transmis anonymement.

La moyenne d’âge des victimes est de 26 ans

La revue médicale « The Lancet » a compilé les données des patients vus entre février 2016 et août 2019. 
43 cas ont été identifiés dont 20 (47%) ont été gérés à Paris. 
Les cas incluaient trente-huit hommes et cinq femmes, avec un âge médian de 26 ans (extrêmes 15–59 ans).

Rose: ecchymose
Bleu: globe ouvert

Figure Répartition des lésions oculaires provoquées par un projectile à impact cinétique en France entre février 2016 et août 2019

Ils expliquent que les lésions oculaires étaient unilatérales et concernaient toutes les parties de l’œil. 
Les armes dites moins létales (LBD et grenades dites de « désencerclement ») étaient la cause présumée de la plupart des lésions oculaires, avec vingt-cinq cas de lésion du globe ouvert et dix-huit cas de meurtrissures à force émoussée.

Une trentaine de personnes opérées dont neuf énuclées

L’étude révèle aussi que vingt-cinq patients présentaient des fractures orbitales, douze autres des fractures faciales simples ou complexes et dans deux cas, des lésions cérébrales. 
Trente des 43 patients ont dû être opérés, à une ou plusieurs reprises. Parmi eux, neuf ont dû être énucléés, d’autre part, une chirurgie oculaire différée fut nécessaire dans quinze cas, y compris une énucléation, une chirurgie de la rétine, une opération de la cataracte et un lambeau conjonctival.

Il y est également précisé, que les patients souffrant de lésions du globe ouvert n’avaient plus aucune perception de la lumière au moment de la référence. 
Pour les autres, l’acuité visuelle initiale était inférieure à 20/100 , à l’exception de cinq personnes ayant conservé l’intégralité de leur acuité visuelle.

Les auteurs de l’étude, suggèrent que l’augmentation du nombre de lésions oculaires graves, cécitantes et traumatisantes en France au cours des 10 derniers mois pourrait être liée à l’utilisation d’armes à feu pour le contrôle des foules. 
Rappelant également que des projectiles à impact cinétique ont déjà été signalés comme des « armes potentiellement dangereuses » pour les yeux dans divers pays et régions, notamment aux États-Unis, au Moyen-Orient, en Europe et en Chine.

Rappelons que depuis le début du mouvement des «gilets jaunes», une forte polémique a éclaté sur les méthodes d’intervention et les violences attribuées aux forces de l’ordre.

Selon le ministère de l’Intérieur, depuis le 17 novembre 2018, 2500 manifestants et 1800 membres des forces de l’ordre ont été blessés.

©Darius Fawkes pour WPA – TVPC et Journalisme 2.0 – le 02 novembre 2019 à 01:00
Sources: AFP / The Lancet.
Crédit photo: Un policier français braque un LBD 40, le 9 février 2019 © Zakaria ABDELKAFI / AFP
linktr.ee/Darius_Fawkes

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