France: L’opposition veut faire de la journée du 5 décembre une mobilisation contre Emmanuel Macron.

Le Parti socialiste, La France insoumise, les écologistes et le Parti communiste voient dans la manifestation du 5 décembre l’occasion d’unir toutes les formations.

L’occasion est trop belle. Voir se présenter, à quatre mois des élections municipales, un large front de mécontentement contre la politique du gouvernement, l’opposition de gauche ne pouvait rêver mieux.

Alors que le 5 décembre, la journée d’action contre la réforme des retraites s’annonce massive et que viennent s’y agréger une série de colères sociales – école, hôpital, police, étudiants… –, les différentes forces de cette famille politique ont décidé d’appuyer la mobilisation. Et ­d’accompagner cette nouvelle poussée du rejet de la politique d’Emmanuel Macron.

A gauche, la journée d’action est vue comme une aubaine pour mettre tout le monde d’accord. Il y avait déjà eu la bataille pour un référendum contre la privatisation d’ADP, qui réunit depuis des mois les anciens ennemis. Cette fois, toutes les formations de gauche et les écologistes se retrouvent pour se joindre aux défilés syndicaux.

Convergence des « colères » et des « luttes »

Pour la première fois depuis bien longtemps, le Parti socialiste a ainsi solennellement appelé ses militants et sympathisants à se joindre aux manifestations dans une résolution adoptée à l’unanimité lors de son conseil national, samedi 23 novembre à Paris : « Le PS apporte son soutien à la manifestation du 5 décembre pour dénoncer une vision de la société qui se résume à la loi du premier de cordée », explique le texte.

Les socialistes veulent ainsi défendre le modèle social et les services publics et voient dans la mobilisation du 5 plus qu’un rassemblement de défense des retraites : « C’est un moment de cristallisation sur les politiques antisociales du gouvernement et une volonté commune de ne pas laisser détruire ce qu’on a mis tant de temps à construire », insiste Olivier Faure. Le premier secrétaire se prend même à espérer, avec des accents de radicalité qu’on ne lui connaissait pas, « un mouvement de convergences des colères contre ce nouveau monde qui ne peut être le nôtre ».

La France insoumise, qui sera présente le 5 décembre, veut profiter de la mobilisation pour pousser pour « son contre-projet de réforme ». Elle attend elle aussi beaucoup de la mobilisation à venir. Le mouvement populiste de gauche espère une convergence des luttes, prémices d’une « fédération populaire » qu’il appelle de ses vœux. « En France, le 5 décembre pourrait être ce moment si spécial qui partout fut déclencheur d’une vague de fond, écrit Jean-Luc Mélenchon sur son blog. Le nombre des arrêts de travail annoncés est extrêmement élevé. Nombre d’entre eux sont reconductibles. Ce point nous fait devoir. »

Et le député des Bouches-du-Rhône d’espérer créer un trait d’union avec la manifestation des « gilets jaunes », prévue le 7 décembre : « Ce serait un cinq à sept en quelque sorte. (…) Je crois que le besoin impérieux est celui d’un mouvement ample impliquant toutes les catégories de population disponibles, salariées ou non. »

« Nous voulons aussi montrer au gouvernement, et aux forces syndicales, que d’autres propositions sont sur la table. »

Le Parti communiste n’est pas en reste. Fabien Roussel, le secrétaire national, veut ainsi saisir l’occasion de la mobilisation pour construire la riposte au gouvernement. Il organise le 11 décembre un meeting où il fera tribune commune avec les autres chefs de parti à Saint-Denis. « Nous appelons à manifester mais nous voulons aussi montrer au gouvernement, et aux forces syndicales, que d’autres propositions sont sur la table et portées par les forces politiques de gauche et écologistes », a ainsi lancé M. Roussel sur RTL.

Europe Ecologie-Les Verts soutient aussi la mobilisation du 5 et participera au meeting initié par le PCF. « On a été invité, on ira. On est pour ce mouvement social », répond David Cormand, le secrétaire national sortant. Pour autant, M. Cormand émet des réserves. « On ne doit pas rester dans une stratégie défensive. L’idée n’est pas de se tenir chaud tous ensemble et d’encaisser les coups. Ce qu’il faut, c’est la convergence des buts », estime-t-il. Il ajoute cependant : « On doit faire coaliser la lutte contre la privatisation d’ADP, contre la suppression des emplois aidés, contre la réforme de l’assurance chômage… les attaques sont partout. »

#Grève

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©Darius Fawkes pour WPA – TVPC et Journalisme 2.0 – le 26 novembre 2019 à 16:25
Source: Le monde / AFP
Crédit photo: De gauche à droite, Pierre Laurent (Parti communiste), Eric Coquerel (La France insoumise), Eliane Assassi (Parti communiste), Patrick Kanner (Parti socialiste) et Olivier Faure (Parti socialiste), donnent une conférence de presse contre la privatisation d’ADP, le 12 novembre à Paris. PHILIPPE LOPEZ / AFP

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