France: Michel Fourniret mis en examen dans l’affaire de la disparition d’Estelle Mouzin

L’ex-épouse du tueur en série est revenue sur l’alibi qu’elle lui avait fourni concernant le jour de la disparition de cette petite fille de 9 ans, en 2003.

Le nombre de victimes de « l’ogre des Ardennes » pourrait augmenter. Le tueur en série Michel Fourniret a été mis en examen pour « enlèvement et séquestration suivis de mort », mercredi 27 novembre, par la juge chargée de l’enquête sur la disparition d’Estelle Mouzin en 2003. Il a été auditionné dans ce dossier criminel vieux de dix-sept ans pendant près de trois heures mercredi après-midi, dans le bureau de la juge d’instruction parisienne Sabine Khéris, qui a récupéré l’enquête en juillet. A l’issue de son audition, les avocats de Michel Fourniret n’ont pas souhaité faire de déclaration.

Déjà condamné deux fois à la perpétuité pour les meurtres de huit jeunes femmes ou adolescentes, précédés de viols ou tentatives de viol, entre 1987 et 2001, le tueur en série a jusqu’à présent toujours nié son implication dans la disparition d’Estelle Mouzin, survenue le 9 janvier 2003 à Guermantes (Seine-et-Marne). Il affirmait se trouver ce jour-là à son domicile de Sart-Custinne, en Belgique. En guise d’alibi, l’« ogre des Ardennes » invoquait un appel téléphonique passé à son fils le soir des faits pour son anniversaire. Son fils n’avait alors pas décroché, mais l’appel a été attesté par des relevés téléphoniques.

Cette version est, cependant, fragilisée par les déclarations de son ex-épouse Monique Olivier, qui a raconté, jeudi 21 novembre, à la juge avoir elle-même passé ce coup de téléphone, à la demande de son mari. « Cela signifie que Michel Fourniret n’était pas à Sart-Custinne le jour de la disparition d’Estelle Mouzin. Il était ailleurs », a assuré l’avocat de Monique Olivier, Me Richard Delgenes. Le tueur en série se trouvait-il à Guermantes, village situé à 250 km de son domicile belge, à ce moment-là ? « On sait qu’à l’époque il partait plusieurs jours. » Mais « situer et dater ses absences de janvier 2003, c’est un peu compliqué aujourd’hui », a souligné Me Delgenes.

Des « aveux en creux »

Agée de 9 ans, Estelle Mouzin a disparu alors qu’elle rentrait de l’école le soir du 9 janvier 2003. Son corps n’a jamais été retrouvé et les nombreuses pistes envisagées par les enquêteurs n’ont rien donné. En 2006, la police s’était intéressée une première fois à Michel Fourniret. Une photo d’Estelle Mouzin avait, en effet, été retrouvée sur son ordinateur et une camionnette blanche semblable à celle du tueur avait, à l’époque, été repérée en Seine-et-Marne.

Mais « l’ogre des Ardennes » avait été mis hors de cause en 2007 dans cette affaire. Six ans plus tard, l’expertise de milliers de poils et cheveux prélevés dans sa voiture n’avait pas non plus permis de trouver de trace ADN de la fillette. Les spéculations sur sa possible implication ont néanmoins été relancées après une audition survenue en mars 2018, portant sur les meurtres de Marie-Angèle Domece et Joanna Parrish, tuées en 1988 et 1990 dans l’Yonne.

Face à la juge Sabine Khéris, également chargée de cette affaire, Michel Fourniret avait déclaré selon une source proche du dossier que la disparition d’Estelle Mouzin était « un sujet à creuser », estimant avoir le « cul merdeux » dans cette affaire. Des déclarations considérées comme des « aveux en creux » par les avocats du père d’Estelle Mouzin, engagé dans un combat sans relâche pour connaître la vérité sur la disparition de sa fille.

« Les éléments sont réunis pour avancer très sérieusement sur la seule piste qui existe dans l’affaire », ont souligné jeudi dernier Me Corinne Herrmann et Me Didier Seban, disant alors espérer la mise en examen rapide de Michel Fourniret. Ce dernier, âgé de 77 ans, souffrirait selon plusieurs médias de troubles de la mémoire liés à un début de maladie d’Alzheimer. « Il peut avoir des moments d’absence, mais il est parfaitement conscient, capable de débattre, de répondre », a toutefois souligné mercredi Me Didier Seban.

#justice

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©Darius Fawkes pour WPA – TVPC et Journalisme 2.0 – le 27 novembre 2019 à 18:55
Source: AFP
Crédit photo: L’ex-femme de Michel Fourniret, Monique Olivier, en mai 2008. FRANCOIS NASCIMBENI / AFP

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