France: Grèves, manifestations – les commerçants inquiets de voir le mouvement durer.

Alors que l’année passée a été marquée par une forte baisse de leur chiffre d’affaires, la grève et les manifestations pourraient entacher le bilan du mois de décembre.

L’heure est à l’inquiétude chez les commerçants à qui la mobilisation contre la réforme des retraites et ses grèves et manifestations laissent un désagréable sentiment de déjà-vu. Alors que certains peinent encore à sortir la tête de l’eau après un an de mouvement des gilets jaunes, ils ont désormais la crainte de voir celui-ci perdurer.  

À Paris, les commerçants ont perdu 50% de leur activité sur la journée du jeudi 5 décembre 2019.

L’heure est à l’inquiétude chez les commerçants à qui la mobilisation contre la réforme des retraites et ses grèves et manifestations laissent un désagréable sentiment de déjà-vu. Alors que certains peinent encore à sortir la tête de l’eau après un an de mouvement des gilets jaunes, ils ont désormais la crainte de voir celui-ci perdurer.  

« Les commerçants et les artisans ont besoin que les Français reviennent chez eux », avait déclaré la secrétaire d’Etat auprès du ministre de l’Economie et des Finances, Agnès Pannier-Runacher, sur Twitter le 26 novembre dernier. Un appel que les professionnels espèrent plus que jamais être entendu. 

Les #commerçants et les #artisans ont souffert cette année, notamment du fait des manifestations des « gilets jaunes ». Ils ont besoin que les Français reviennent chez eux.#JaimeMonCommerce#SamediArtisanat@Economie_Gouv @ccifrance @apcmafrance @CDF_Commercants @CdCFcommerce pic.twitter.com/h9y4YVv6kl

— Agnès Pannier-Runacher (@AgnesRunacher) November 26, 2019

Et pour cause, le secteur a enregistré une baisse de 30% d’activité sur la seule journée de jeudi, marquée par d’importantes manifestations. « Les centres-villes ont été particulièrement impactés », précise Yohann Petiot, directeur général de l’Alliance du Commerce, qui note toutefois que cela a entraîné un report sur les commerces de périphérie, accessibles en voiture. Parmi les villes les plus touchées, Toulouse ou encore Strasbourg et Marseille avec -60% d’activité, et -50% pour Paris, selon les chiffres de Procos (Fédération pour la promotion du commerce spécialisé), cités par Le Parisien.  

D’autant que le mois de décembre représente un enjeu important pour les commerçants : « Ils réalisent 10 à 12% de leur chiffre d’affaires annuel, rappelle Yohan Petiot à L’Express. Particulièrement ce week-end, le premier du mois et durant lequel les gens, qui ont reçu leur paye, devraient commencer leurs achats de noël. « Si ce n’était que jeudi, on aurait pu faire avec », déplore-t-il. Dans le secteur du jouet, qui réalise plus de la moitié de son chiffre d’affaires avant les fêtes, on s’inquiète aussi des retombées d’une longue mobilisation. 

Faire fuir à nouveau les touristes

À Lyon, c’est le secteur hôtelier qui est en berne alors que la ville accueille comme chaque année la Fête des Lumières. S’il est normalement impossible de trouver une chambre, elles sont nombreuses à demeurer libre en ce week-end. La faute à la grève, dénonce les professionnels comme Laurent Duc, président national du syndicat professionnel Umih et exploitant d’un établissement à Villeurbanne (banlieue de Lyon) : « Globalement, on est entre -10% et -15% au niveau des réservations, mais cela peut atteindre -30% pour certains hôtels », indique-t-il. Depuis 5 jours, les annulations s’enchaînent, notamment chez les touristes étrangers qui renoncent à se rendre en France.  

Un amer constat qui rappelle celui dressé après un an de mouvement gilets jaunes. Cet été, un rapport d’une mission d’information parlementaire soulignait que le taux de fréquentation des hôtels avait reculé au premier trimestre de 2,5% par rapport à la même période l’année dernière. Au total, les hôtels, restaurants et cafés ont perdu 850 millions d’euros.  

« Quand vous rajoutez ce qui s’est passé en début d’année et ce qui peut suivre, on craint des fermetures de magasins et des licenciements au premier semestre de 2020 », s’alarme Alain Griset, président de l‘Union des entreprises de proximité (U2P) pour qui le mouvement gilet jaune a impacté plusieurs centaines de milliers de commerçants. 

Selon lui, s’il faut garantir la liberté de manifester, il en va de même pour la liberté d’exercer « et ça, c’est le rôle de l’Etat ». Ce dernier avait déjà mis en oeuvre des mesures pour tenter d’aider les commerces proches de mettre la clé sous la porte, après les manifestations de gilets jaunes. « Nous avions obtenu, entre autres, un report des cotisations », souligne Alain Griset. « Mais même s’il y a un report il faut quand même les payer après et si nous sommes encore confrontés à un tel mouvement, certains ne pourront pas », nuance-t-il, interrogé par L’Express.  

De même, « on a fait un travail avec les banques pour éviter d’avoir des ruptures et des interdictions bancaires pour ceux qui, malheureusement, se sont retrouvés à découvert mais ce ne sont que des rustines. Ce n’est pas satisfaisant », regrette le président de l’U2P. Avant de conclure : « Dans les cas où il y a une impossibilité d’exercer, il faut pouvoir compenser par une annulation des charges sociales et un accompagnement financier. Il n’y a pas de raison qu’on paye le prix. » 

En attendant, à l’instar de jeudi 5 décembre, le préfet de Paris a pris un arrêté concernant la prochaine journée de mobilisation, mardi, obligeant les commerces et établissements situés sur le parcours – de la place Vauban (7e) à la place Denfer-Rochereau (14e) – à fermer le temps de la manifestation… 

#Grèves #Mobilisations

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©Darius Fawkes pour WPA – TVPC et Journalisme 2.0 – le 07 décembre 2019 à 23:55
Source: AFP / L’Express
Crédit photo: Les Français sont descendus dans la rue à 801 reprises en 2016. © PHILIPPE LOPEZ / AFP
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