Sommet sur le budget de l’UE: nouveaux efforts pour tenter de sortir de l’impasse

POOL/AFP / Riccardo Pareggiani Réunion des dirigeants au sommet du Conseil européen à Bruxelles pour discuter le prochain budget de l’Union européenne, le 20 février 2020

Les chances d’aboutir à un accord sur le budget pluriannuel de l’UE semblaient minces vendredi à la reprise du sommet extraordinaire entre les dirigeants européens à Bruxelles, poussant le président du Conseil européen Charles Michel à de nouveaux efforts pour sortir de l’impasse.

M. Michel et son équipe tentaient à la mi-journée de mettre au point une nouvelle proposition chiffrée pour la soumettre aux 27, à l’issue d’une nuit de consultations, selon des sources européennes.

« Vous me demandez si nous allons résoudre la totalité de la discussion sur le budget ce week-end? Non, je ne le pense pas », avait tranché à son arrivée la Première ministre danoise Mette Frederiksen.

Avec l’Autriche, la Suède et les Pays-Bas, son pays fait partie du groupe des « frugaux », qui affichent un front commun solide pour défendre un budget limité à 1% du revenu national brut de l’UE.

– Qui va payer l’addition ? –

« Nous avons été très clairs depuis le début: nous n’allons pas payer l’addition », a martelé le diplomate d’un de ces pays.

Dans la nuit de jeudi à vendredi, des discussions bilatérales ont été menées par Charles Michel.

Il a réuni à l’heure du déjeuner vendredi les quatre « frugaux » ainsi que le président français Emmanuel Macron et la chancelière allemande Angela Merkel, les deux principaux contributeurs au budget, après le départ des Britanniques.

Les premiers sont sous le feu des critiques de leurs collègues: Luxembourg, République tchèque, Italie, Irlande, Pologne ou même Finlande, dont la Première ministre Sanna Marin plaide pour que chaque pays fasse preuve de « flexibilité » afin de trouver un consensus.

« Nous refusons la conception frugale de l’avenir de l’Europe. Tant que certains pays continueront de défendre cette conception nous serons loin de la perspective d’un accord », a déploré le chef du gouvernement italien Giuseppe Conte.

« Les 5 (en comptant l’Allemagne, ndlr) qui ont des rabais sont très très durs et leurs revendications sont totalement inacceptables », a commenté de son côté une autre source européenne.

M. Michel et son équipe tentent de mettre au point une nouvelle proposition chiffrée, selon des sources européennes.

– Le trou du Brexit –

Chaque pays avait exposé jeudi au premier jour du sommet ses priorités, ses lignes rouges et ses marges de manœuvres.

A deux jours du Salon de l’Agriculture à Paris, le président Emmanuel Macron était arrivé au sommet en se disant prêt à « se battre » pour la Politique agricole commune (PAC).

POOL/AFP / Ludovic Marin Le président du Conseil européen Charles Michel (g), la chancelière Angela Merkel (2e d), le président Emmanuel Macron (d), en marge d’un sommet de l’UE, le 20 février 2020 à Bruxelles

« Rien n’est fait, aucun montant n’est acté. La PAC a été attaquée par plusieurs pays. C’est notre priorité donc on se bat », a commenté une source diplomatique française.

De leur côté les « frugaux » souhaitent, avec l’Allemagne, une répartition des ressources plus favorables aux nouvelles priorités (recherche, défense, protection des frontières extérieures…).

Les 27 doivent trouver un compromis sur le niveau global du budget (2021-2027), ainsi que sur sa répartition entre les différentes politiques de l’UE, tout en tenant compte du « trou » laissé par le départ des Britanniques, contributeurs nets.

Le Brexit a compliqué la donne de cette négociation, qui a lieu tous les 7 ans. En raison du divorce, le budget 2021-2027 devra se passer d’une somme estimée entre 60 et 75 milliards d’euros sur sept ans.

La proposition de compromis de Charles Michel discutée depuis jeudi représente 1,074% du RNB, soit 1.094 milliards d’euros.

L’Allemagne a indiqué qu’elle n’était « pas satisfaite » de cette proposition « parce que l’équilibre entre les contributeurs nets (qui payent plus qu’ils ne reçoivent) n’a pas encore été correctement négocié », avait affirmé à son arrivée Angela Merkel.

Autre politique dite « traditionnelle », la politique de cohésion (l’aide aux régions les moins développés) se trouve elle aussi sous pression.

La cohésion et la PAC mobilisent environ 60% du budget. Mais ces deux enveloppes accusent une baisse globale d’une centaine de milliards d’euros par rapport au précédent budget (2014-2020) dans le compromis de Charles Michel.

Une quinzaine de pays de l’Est et du Sud, dont l’Espagne, la Pologne et la Grèce, réunis au sein des « amis de la cohésion », refusent une baisse du financement de cette enveloppe.

Les rabais, dont bénéficient aujourd’hui cinq pays – Allemagne, Danemark, Pays-Bas, Autriche et Suède – sont un autre sujet de contentieux.

Leur montant est de 5 milliards d’euros par an. Les autres capitales, France en tête, voudraient y mettre fin à la faveur du départ du Royaume-Uni, pays qui a imposé cette pratique.

#EU

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©Darius Fawkes pour WPA – TVPC et Journalisme 2.0 – le 21 février 2020 à 18:29
Avec l’AFP

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