Au Salon de l’Agriculture, Macron cherche à rassurer les nombreux inquiets

POOL/AFP / Bertrand GUAY Le président Emmanuel Macron visite le 57e Salon de l’Agriculture, le 22 février 2020 à Paris

Entre les vaches et les stands viticoles, le président Emmanuel Macron a cherché à rassurer les professionnels inquiets samedi à l’ouverture du 57e Salon international de l’Agriculture (SIA), bousculé par des controverses environnementales et l’échec la veille de négociations européennes cruciales pour les agriculteurs.

« On attend des messages forts »: à peine arrivé le matin, le président de la République a été abordé par des représentants de la FNSEA, syndicat agricole majoritaire, et des Jeunes Agriculteurs. « Nous attendons de vivre du prix de nos produits. On ne cesse d’être stigmatisés », lui a lancé un agriculteur, un autre évoquant « la colère du monde agricole ».

« Rien ne doit justifier des actions contre nos paysans, rien. Et je serai intraitable sur le sujet », a assuré M. Macron.

Interpellé lors de sa déambulation sur moult sujets brûlants – retraites, Politique agricole commune (PAC), pesticides, « gilets jaunes », accords commerciaux internationaux, « agribashing » – il poursuivait, dix heures après son arrivée, son tour des exposants, dûment commencé par un passage obligé auprès de l’égérie du Salon, la vache charolaise Idéale.

Un agriculteur l’a remercié de n’avoir « rien lâché hier soir »: le chef de l’État est revenu vendredi de Bruxelles, où se négociait le budget de l’Union européenne pour la période 2021-2027, sans accord sur le maintien de l’enveloppe de la PAC dont il a fait sa priorité, car les 27 pays de l’Union n’ont pas pu s’entendre.

« La PAC ne peut pas être la variable d’ajustement du Brexit », a martelé devant les agriculteurs le président, alors que l’équilibre de la profession repose largement sur les neuf milliards d’aides européennes que touche la France.

Applaudi au stand de la Commission européenne, il était accompagné de son ministre de l’Agriculture Didier Guillaume pour l’ouverture de ce Salon qui se tient jusqu’au 1er mars.

– « Mieux vous organiser » –

Privés de débouchés rémunérateurs et dépendants d’un acteur tout-puissant, le groupe d’abattoirs Bigard, les éleveurs bovins tentent actuellement de développer leurs exportations, aidés par l’Élysée qui les a soutenus lors du dernier voyage d’Emmanuel Macron en Chine. « Vous êtes dans la main de Bigard (…), vous devez mieux vous organiser entre vous », a lancé le président à des éleveurs.

POOL/AFP / Ludovic Marin Le président Emmanuel Macron (D) discute avec des agriculteurs du syndicat FNSEA le 22 février 2020 à son arrivée au salon de l’agriculture à Paris

Auprès de viticulteurs très inquiets, touchés par des sanctions douanières punitives américaines et qui réclament 300 millions d’euros de compensations pour couvrir le manque à gagner sur leurs exportations aux Etats-Unis, leur premier client, le chef de l’Etat s’est engagé à « porter la demande d’un fonds de compensation auprès de l’Union européenne » et à « faire en sorte que d’ici le printemps ce fond de compensation puisse se mettre en place », a déclaré Jérôme Despey, viticulteur et secrétaire général de la FNSEA, après l’entretien de la profession avec M. Macron.

Il devait aussi rencontrer des pêcheurs, que le Brexit risque de priver d’une large part de leur gagne-pain.

Emmanuel Macron a aussi promis de recevoir à l’Élysée un groupe de « gilets jaunes », ce qui serait une première, lors d’un vif échange avec une femme l’interpellant sur les retraites, le Référendum d’initiative citoyenne (Ric) et les violences policières.

– « Cadre apaisé » –

Quelques instants plus tard, Eric Drouet, figure historique des « gilets jaunes », vêtu de noir, a été expulsé par des policiers du Salon, sans avoir réussi à approcher le président, puis placé en garde à vue pour rébellion, selon une source judiciaire.

POOL/AFP / Ludovic Marin Le président Emmanuel Macron à côté de la vache Idéale, égérie du Salon de l’agriculture, le 22 février 2020 à Paris

Sujet d’actualité brûlant pour les agriculteurs, le président a été interpellé sur les zones de non-traitement (ZNT) aux pesticides près des habitations, effectives depuis le 1er janvier et contestées par nombre d’agriculteurs qui craignent une perte de revenus. Il a suggéré que les bandes de terres agricoles non cultivées en raison des interdictions d’épandage puissent à l’avenir être « valorisées », promettant que les agriculteurs seraient « accompagnés » financièrement et s’est engagé à assurer une « sécurité juridique » pour que les prochains semis se fassent « dans un cadre apaisé ».

« Il nous faut une agriculture forte parce que les Français veulent savoir ce qu’ils mangent. On est dans une transformation historique », a déclaré Emmanuel Macron. « Il y a de l’impatience d’une partie de la société française (…). Mon rôle est de réconcilier tout ça ».

Sujet d’actualité brûlant pour les agriculteurs, le président a été interpellé sur les zones de non-traitement (ZNT) aux pesticides près des habitations, effectives depuis le 1er janvier et contestées par nombre d’agriculteurs qui craignent une perte de revenus. Il a suggéré que les bandes de terres agricoles non cultivées en raison des interdictions d’épandage puissent à l’avenir être « valorisées », promettant que les agriculteurs seraient « accompagnés » financièrement et s’est engagé à assurer une « sécurité juridique » pour que les prochains semis se fassent « dans un cadre apaisé ».

AFP / Vincent LEFAI Salon de l’agriculture 2020

« Il nous faut une agriculture forte parce que les Français veulent savoir ce qu’ils mangent. On est dans une transformation historique », a déclaré Emmanuel Macron. « Il y a de l’impatience d’une partie de la société française (…). Mon rôle est de réconcilier tout ça ».

Interpellé aussi sur les retraites des agriculteurs, il a jugé « impossible » de revaloriser les pensions actuelles à 85% du Smic, une mesure prévue dans le futur système mais qui coûterait trop cher à appliquer aux agriculteurs déjà à la retraite: ce serait 1,1 milliard d’euros, a-t-il déclaré – si l’on inclut les pensions des retraités actuels et de leurs conjoints.

#Macron

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©Darius Fawkes pour WPA – TVPC – le 22 février 2020 à 20:18
Avec l’AFP

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