Coronavirus: l’extension rapide confirme l’inquiétude de l’OMS (experts), Italie, Iran, Corée, l’inquiétude monte.

AFP / Miguel MEDINA Des habitants équipés de masques de protection photographiés le 23 février 2020 à l’entrée de la petite ville de Casalpusterlengo, près de Milan en Italie, pays le plus touché en Europe par le coronavirus

« L’épidémie de Covid-19 a connu un profond tournant ces dernières 48 heures. L’OMS et ses États membres doivent maintenant réfléchir à passer d’une stratégie d’endiguement à une stratégie d’atténuation, c’est-à-dire la réduction des impacts négatifs de la poursuite de la transmission » du virus, estime le professeur Devi Sridhar, responsable du programme de Gouvernance sanitaire à la faculté de médecine d’Édimbourg (Grande-Bretagne).

Vendredi, le patron de l’OMS, Tedros Adhanom Ghebreyesus avait déjà tiré la sonnette d’alarme: « Au moment où nous parlons, nous sommes encore dans une phase où il est possible de contenir l’épidémie. » Mais la « fenêtre de tir se rétrécit ».

La multiplication de nouveaux cas de coronavirus hors de Chine conforte le cri d’alarme de l’OMS sur le risque de propagation de l’épidémie, estiment dimanche des experts, en appelant à renforcer la vigilance.

AFP / ANWAR AMRO Une employée de l’hôpital Rafik Hariri de Beyrouth, où est hospitalisé le premier cas de pneumonie virale Covid-19 au Liban, photographiée le 23 février 2020

En cause notamment la multiplication de cas hors du berceau de l’épidémie en Chine « sans lien épidémiologique clair, tels que les antécédents de voyage ou les contacts avec un cas confirmé ».

Des foyers sont ainsi apparus ou se sont développés rapidement ces derniers jours en Corée du Sud, en Iran – particulièrement meurtrier avec 8 décès pour 43 cas répertoriés dimanche – ou en Italie, où près de 150 cas de coronavirus ont été enregistrés en quelques jours et 11 villes placées en quarantaine. Dans ce pays, le plus touché en Europe, trois personnes sont mortes.

– « N’importe où dans le monde » –

« C’est ce qu’on appelle le passage en transmission communautaire », explique le professeur Arnaud Fontanet, chef de l’unité « épidémiologie des maladies émergentes » à l’institut Pasteur (France). « Ça rend le contrôle beaucoup plus difficile et ça laisse présager un risque d’introduction à partir d’autre foyers que la Chine. »

AFP / Alex OGLE Des touristes portent des masques de protection, le 23 février 2020, devant un temple de Bangkok

C’est ainsi que des cas signalés au Liban et au Canada auraient le foyer iranien pour origine. Quant au foyer infectieux autochtone en Italie, les scientifiques peinent à identifier le processus de contamination du « patient 1 » à l’origine de la propagation.

« Ce qui se passe en Italie et en Corée du Sud pourrait se passer n’importe où dans le monde », prévient le professeur Sridhar.

Le docteur Nathalie MacDermott, du King’s College de Londres, évoque également des développements « très préoccupants », notamment la difficulté à identifier un individu à l’origine des derniers foyers épidémiques.

« Ceci laisse supposer une transmission par un individu asymptomatique, ou présentant peu de symptômes », estime la spécialiste, qui juge « impératif que les autres pays prennent ces situations en compte et renforcent leur surveillance des personnes en provenance de régions affectées qu’elles présentent ou non des symptômes » et s’attachent à contenir les foyers d’infection autochtone.

AFP / GOH CHAI HIN La température de voyageurs débarquant à l’aéroport de Jakarta est contrôlée, le 23 février 2020

« Je pense que c’est une nouvelle phase » dans l’extension du Covid-19, explique Eric D’Ortenzio, épidémiologiste à l’Institut national de la santé et de la recherche médicale (Inserm) français.

Ce spécialiste pointe lui aussi l’apparition dans les nouveaux pays touchés de « chaînes de transmissions à partir de cas non détectés », même s’il nuance, en l’attente de données précises sur le sujet, le rôle de « drivers » épidémique des cas asymptomatiques.

Mais pour lui aussi les conséquences à tirer sont claires: « Il doit y avoir une vigilance qui augmente, il faut que les autorités renforcent la surveillance », que ce soit sur les cas autochtones ou les possibles importation depuis des foyers épidémiques.

Italie, onze villes en quarantaine, l’angoisse monte

AFP / Miguel MEDINA Des habitants, un masque de protection sur le visage, font des courses dans un supermarché de Casalpusterlengo, le 23 février 2020 en Italie

Carnaval de Venise stoppé, 11 villes en quarantaine pour deux semaines: le Nord de l’Italie se prépare à vivre des jours d’angoisse et de restrictions après une soudaine et spectaculaire flambée des cas du nouveau coronavirus en trois jours.

La découverte de plusieurs foyers vendredi, jour où a été annoncé le premier décès d’un Italien (et d’un Européen), puis la multiplication rapide des cas, passés de six à près de 150 dimanche, préoccupe les autorités et la population locale.

« Virus Paralysie », titre le grand journal Repubblica. Tous les médias publient des décalogues sur la manière d’éviter la contagion ou d’expliquer l’épidémie aux enfants.

Officiellement, l’Italie compte désormais 149 cas, ce qui en fait le pays le plus touché en Europe, depuis qu’a démarré l’épidémie de pneumonie virale en décembre en Chine. Près de 90 de ces cas se trouvent en Lombardie (région de Milan) et 25 en Vénétie (région de Venise).

– « Le nombre de cas augmentera » –

Le Premier ministre Giuseppe Conte, interrogé dans la populaire émission télévisée Domenica In sur la chaîne publique Rai Uno, a appelé à « ne pas succomber à la panique et à suivre les consignes des autorités sanitaires ». « Il ne faut pas avoir peur du fait que le nombre de cas augmentera encore », a-t-il ajouté.

Selon le chef de la protection civile Angelo Borrelli, des structures militaires et des hôtels sont déjà prêts à accueillir des milliers de personnes qui pourraient être placées en quarantaine.

Deux foyers principaux ont été identifiés: autour de Codogno, en Lombardie où un deuxième décès (une femme de 77 ans) a été annoncé samedi, et à Vo’Euganeo, près de Padoue (Vénétie), où le premier cas mortel d’un retraité de 78 ans avait été enregistré.

Les autorités de Lombardie ont aussi annoncé dimanche le décès d’une femme âgée, atteinte d’un cancer et qui avait contracté le nouveau coronavirus.

AFP / Miguel MEDINA Ni entrée ni sortie de la ville de Codogno surveillé par la police le 23 février 2020

Le gouvernement a adopté un décret-loi très strict qui met à l’isolement 11 villes, dont 10 dans le périmètre de Codogno. « Ni l’entrée ni la sortie ne sera autorisée sauf dérogation particulière », a annoncé Giuseppe Conte.

Dimanche, la Vénétie a aussi décrété l’interruption des festivités du célèbre Carnaval qui devait se terminer mardi, et des manifestations sportives ainsi que la fermeture de toutes écoles.

En Lombardie, les mesures restrictives touchent désormais la métropole de Milan, capitale économique de l’Italie, avec la fermeture des écoles, des universités, mais aussi des musées, cinémas et théâtres dont la prestigieuse Scala. Les autorités étudient la fermeture de certains magasins mais les services publics restent ouverts.

Même la fashion week milanaise jusque là « tranquille », selon ses organisateurs, a été perturbée: le maestro Giorgio Armani, 85 ans, et la styliste Laura Biagiotti ont décidé de défiler dimanche portes closes et de retransmettre leurs présentations pour l’automne-hiver 2020 sur leur site.

Dans les 11 villes en quarantaine, tous les lieux publics (bars, restaurants mairies, bibliothèques, écoles) sauf les pharmacies, avaient été fermés dès vendredi.

Le principal foyer se trouve autour de Codogno, une localité de 15.000 habitants dont beaucoup travaillent aux alentours ou à Milan, à 60 km de là.

Les trains de la société privée Trenord ne s’arrêtent plus à Codogno ni dans deux villes voisines, dont beaucoup de résidents travaillent à Milan. Des panneaux lumineux annoncent: « Coronavirus, la population est invitée à rester chez elle, par mesure de précaution ».

Dans la localité voisine de Casalpusterlengo, une voiture de la police arrête tous les véhicules circulant dans les deux sens sur la principale artère reliant les différentes bourgades.

« Nous allons rapidement installer un blocus total », a expliqué dimanche après-midi à l’AFP un policier, en soulignant que les agents informent « les gens que s’ils entrent, ils ne pourront plus sortir et inversement ».

AFP / Miguel MEDINA La crainte des habitants est de manquer de vivres. Des files se sont formées devant le supermarché Lidl de Casalpusterlengo le 23 février 2020

Le gouvernement a prévu des sanctions allant jusqu’à trois mois de réclusion pour les contrevenants.

Mais la grande crainte des habitants est celle de manquer de vivres. Toute la journée, à Casalpusterlengo , des files se sont formées devant le supermarché Lidl, l’un des seuls ouverts.

– Pas de patient zéro pour le moment –

Le patient 1 pour la Lombardie est un homme de 38 ans, Mattia, cadre de la multinationale anglo-néerlandaise Unilever qui a un site important près de Codogno, à Casalpusterlengo, où 120 des salariés sur 160 ont été testés.

Sa contamination reste un mystère: il est exclu qu’il ait été contaminé par l’un de ses amis revenu de Chine en janvier, car celui-ci, « sur la base des tests effectués, n’a pas développé les anticorps », selon le ministère de la Santé.

L’OMS reconnait que « la hausse rapide des cas enregistrés en Italie depuis deux jours est inquiétante », selon un porte-parole. « Ce qui nous inquiète aussi c’est qu’on pas pas pu identifier dans tous les cas des liens épidémiologiques clairs comme des voyages en Chine ou des contacts avec un cas confirmé ».

L’autre zone de contamination est Vo’ Euganeo, près de Padoue. Les autorités ont soumis à des tests 8 ressortissants chinois qui fréquentaient le même bar que le maçon décédé vendredi mais qui se sont révélés négatifs. Le patron de la région Luca Zaia s’est dit « préoccupé » que le patient zéro n’ait pas été trouvé, ce qui prouve pour lui, que « le virus est bien plus omniprésent que ce qu’on pensait ».

Huit décès en Iran, des pays voisins ferment leur frontière

AFP / ATTA KENARE Des Iraniens portant des masques pour se protéger du nouveau coronavirus, à Téhéran, le 22 février 2020

L’Iran est devenu dimanche le pays où le nouveau coronavirus a fait le plus de morts hors de Chine avec huit décès, poussant plusieurs de ses voisins à fermer leurs frontières ou à interdire les voyages vers et depuis ce pays.

Ailleurs au Moyen-Orient, la Jordanie a interdit l’entrée à tout non-Jordanien venant de Chine, d’Iran et de Corée du Sud, alors qu’en Israël, 180 écoliers doivent rester cloîtrés chez eux pendant 14 jours après avoir été en contact avec des touristes sud-coréens ayant contracté le nouveau coronavirus.

L’Iran a été le premier pays du Moyen-Orient à faire état mercredi de la mort de patients atteints du virus.

Dimanche, le ministère de la Santé a annoncé la mort de trois nouveaux patients touchés par la maladie Covid-19, portant à huit le nombre de décès sur un total de 43 cas de contamination.

« Si le nombre de personnes infectées augmente à Téhéran, la ville entière sera mise en quarantaine », a averti Mohsen Hachémi, président du conseil municipal de la capitale, qui compte plus de 8 millions d’habitants.

En guise de « mesure préventive », les autorités ont annoncé la fermeture des écoles et universités, cinémas, théâtres et autres lieux culturels dans 14 des 31 provinces du pays, dont celle de Téhéran.

Les 13 autres provinces concernées sont celles de Qom, Markazi, Gilan, Ardabil, Kermanshah, Qazvin, Zanjan, Mazandaran, Golestan, Hamedan, Alborz, Semnan, Kurdistan. Tous les événements culturels et artistiques ont été interdits pour une semaine.

– Frontières fermées –

AFP / John SAEKI L’expansion du coronavirus

A Téhéran, où ont été détectés quatre des 15 nouveaux cas annoncés dimanche, la municipalité a ordonné la fermeture des fontaines à eau et des échoppes vendant des friandises dans le métro. Des affiches ont fleuri incitant les gens à ne pas se serrer la main.

Gholamréza Mohammadi, porte-parole de la mairie, a indiqué que les bus et les rames de métro étaient en train d’être désinfectées. Et le ministre de la Santé Saïd Namaki a annoncé la gratuité des soins liés à la maladie.

Les premiers cas et décès en Iran ont été enregistrés dans la ville sainte chiite de Qom, au sud de Téhéran.

Les deux morts à Qom ont été présentés comme des Iraniens d’un âge avancé. La nationalité des autres personnes décédées ou contaminées n’a pas été précisée, ce qui laisse penser qu’elles sont iraniennes.

L’annonce des premiers cas en Iran est intervenue deux jours avant la tenue des législatives. Pour expliquer le faible taux de participation (42,57%), les autorités ont évoqué entre autres la maladie du coronavirus.

Après l’Irak voisin, qui a interdit aux Iraniens l’entrée sur son sol et aux Irakiens d’aller en Iran, la Turquie a décidé de fermer « temporairement » sa frontière terrestre avec l’Iran et de suspendre le trafic aérien avec ce pays.

L’Afghanistan a de son côté interdit « temporairement » tout voyage vers ou depuis l’Iran par terre ou air. Le Pakistan a lui aussi fermé sa frontière avec l’Iran. Et l’Arménie a décidé de fermer « pour deux semaines » sa frontière terrestre avec l’Iran et de suspendre les liaisons aériennes avec ce pays.

Des mesures qui ajoutent encore davantage à l’isolement de l’Iran, puissance régionale frappée par de sévères sanctions américaines et plongée dans une violente crise économique.

« La situation en Iran pourrait avoir un impact important sur le Moyen-Orient », région en proie à plusieurs conflits, estime Paul Hunter, professeur de médecine à l’université East Anglia en Grande-Bretagne.

« Durant les conflits armés, les frontières deviennent poreuses (…) et les infrastructures sanitaires sont souvent prises pour cible ou détruites ».

– Prévention en Jordanie –

En Jordanie, le gouvernement a décidé d’interdire l’entrée de son territoire à toute personne venant de Chine, d’Iran et de Corée du Sud, sauf à ses ressortissants, afin de limiter le risque de propagation.

Dans un communiqué officiel, il a parlé d’une décision « temporaire ». « Les Jordaniens qui viennent de ces pays seront placés en quarantaine pendant deux semaines », a-t-il précisé.

AFP / ATTA KENARE Des piétons, certains portant un masque de protection, dans une rue de Téhéran, le 22 février 2020 en Iran

Il n’était pas clair dans l’immédiat si les ressortissants chinois, sud-coréens ou iraniens venant de pays autres que la Chine, la Corée du Sud et l’Iran, auraient le droit d’entrer en Jordanie.

Plusieurs cas ont été enregistrés dans la région: 11 aux Emirats, un en Israël, un au Liban et un en Egypte. Mais les seuls décès ont été annoncés en Iran.

Le nouveau coronavirus a provoqué la mort de plus de 2.400 personnes, dont seulement 24 hors de Chine continentale, après son apparition dans la ville chinoise de Wuhan en décembre.

En dehors de Chine, plus de 1.500 contaminations ont été recensées.

La Corée en état d’urgence, les voisins de l’Iran se protègent

AFP / ANDREAS SOLARO Des passants portant des masques respiratoires marchent sur la place del Duomo à Milan, le 23 février 2020.

Considéré par Pékin comme sa « plus grande urgence sanitaire » depuis 1949, le nouveau coronavirus a forcé dimanche la Corée du Sud à proclamer l’état d’alerte maximum, l’Italie à mettre des villes en quarantaine, à interrompre les festivités du carnaval de Venise et plusieurs pays à se protéger de la propagation rapide du virus en Iran.

Inquiets de la multiplication en Iran des cas (43 au total) et des décès (huit), l’Arménie, la Turquie, la Jordanie, le Pakistan et l’Afghanistan ont fermé leur frontière ou restreint les échanges avec ce pays. Ces mesures sont présentées comme temporaires.

Lors d’une réunion du G-20 en Arabie Saoudite, la directrice du Fonds monétaire international (FMI), Kristalina Georgieva, a estimé que « le virus Covid-19, une urgence sanitaire mondiale, a perturbé l’activité économique en Chine et pourrait mettre en péril la reprise » de l’économie mondiale.

Le virus, apparu en décembre dans la ville chinoise de Wuhan, a tué 2.442 personnes et en a contaminé quelque 77.000 en Chine continentale, hors de laquelle il a touché une trentaine de pays et territoires y faisant 24 morts.

Le professeur Devi Sridhar, responsable du programme de Gouvernance sanitaire à la faculté de médecine d’Édimbourg (Grande-Bretagne), a pour sa part estimé que « l’OMS et ses États membres doivent maintenant réfléchir à passer d’une stratégie d’endiguement à une stratégie d’atténuation, c’est à dire la réduction des impacts négatifs de la poursuite de la transmission » du virus.

Vendredi, le patron de l’OMS, Tedros Adhanom Ghebreyesus avait déjà tiré la sonnette d’alarme: « Au moment où nous parlons, nous sommes encore dans une phase où il est possible de contenir l’épidémie. » Mais la « fenêtre de tir se rétrécit ».

Le coronavirus constitue « la plus grave urgence sanitaire » à frapper la Chine depuis la fondation du régime communiste en 1949, a déclaré dimanche le président Xi Jinping, tout en reconnaissant « des lacunes » dans la réponse à l’épidémie.

Face à la propagation rapide de la maladie, le président sud-coréen Moon Jae-in a décidé de relever « au plus haut » le niveau d’alerte. Selon lui, l’épidémie de Covid-19 est « à un tournant décisif. Les prochains jours seront cruciaux ».

Avec 602 cas de contamination, y compris quelque 300 dans la secte Shincheonji d’inspiration chrétienne, et 6 décès dont quatre annoncés dimanche, la Corée du Sud compte le plus grand nombre de malades sur son sol, après la Chine, exception faite du foyer d’infection du paquebot Diamond Princess au Japon.

AFP / NICOLAS ASFOURI Un homme portant un masque et des gants de protection fait ses courses à Pékin, le 23 février 2020

Dix-huit des membres de la secte diagnostiqués positifs rentraient d’un pèlerinage en Israël où un premier cas a été déclaré et où de nouvelles mesures d’interdiction d’entrée ont été prises pour lutter contre le virus.

En Italie, une femme âgée, atteinte d’un cancer et qui avait contracté le coronavirus, est morte dimanche, ce qui porte à trois le nombre de décès dans ce pays qui compte 149 personnes contaminées.

Environ 52.000 personnes se sont réveillées dimanche dans des zones de confinement instaurées en Lombardie et Vénétie, dans le nord du pays. Une première en Europe, après celles décrétées il y a un mois exactement, le 23 janvier, pour les 11 millions d’habitants de Wuhan, ville du centre de la Chine où a pris naissance en décembre l’épidémie de pneumonie virale.

Le président de la Vénétie a annoncé que les festivités du Carnaval de Venise, qui devait se terminer mardi, étaient annulées à partir de dimanche ainsi que toutes les manifestations sportives de la région.

La France aussi se prépare à une possible « épidémie » de Covid-19, selon le ministre de la Santé Olivier Véran, qui se dit « attentif à la situation en Italie » et estime « très probable » la possibilité de nouveaux cas en France.

Comme l’Italie, l’Iran a pris des mesures drastiques après avoir enregistré 15 nouveaux cas, portant à 43 le nombre total de personnes contaminées. Trois nouveaux décès sont à déplorer, soit huit au total. La République islamique a annoncé samedi la fermeture des établissements éducatifs dans 14 provinces, y compris Téhéran.

– Risque d’expansion –

En Chine, le bilan a atteint dimanche 2.442 morts après l’annonce de 97 décès supplémentaires, tous sauf un dans la province centrale du Hubei, berceau du virus.

Le ministère de la Santé a aussi fait état de 648 nouveaux cas de contamination, ce qui porte à environ 77.000 le total national.

Mais c’est l’expansion en dehors du pays qui avive les inquiétudes.

YONHAP/AFP / –Du personnel médical transfère un patient soupçonné d’être porteur du coronavirus à l’hôpital de Cheongdo, près de Daegu, le 21 février 2020 en Corée du Sud

L’Organisation mondiale de la Santé (OMS) redoute « le potentiel de dissémination du Covid-19 dans les pays dont les systèmes de santé sont plus précaires », a averti son directeur général, Tedros Adhanom Ghebreyesus.

C’est le cas de nombreux pays africains dont les infrastructures sanitaires et le personnel médical sont mal préparés pour affronter l’épidémie. Pour l’instant, sur le continent, seule l’Egypte a enregistré un cas confirmé de contamination.

Une étude publiée vendredi par le centre des maladies infectieuses de l’Imperial College de Londres « estime qu’environ les deux tiers des cas de Covid-19 sortis de Chine sont restés indétectés au niveau mondial ».

Et les précautions manquent parfois: le Japon a confirmé dimanche que le virus avait finalement été diagnostiqué chez une ex-passagère du Diamond Princess, rentrée chez elle par le train mercredi après avoir été considérée comme un cas négatif.

Plus d’une vingtaine d’anciens croisiéristes étrangers sont dans le même cas.

Les ministres des Finances et les gouverneurs des banques centrales du G20, réunis à Ryad, sont prêts à prendre des mesures pour contrer le « risque réel » que fait peser le coronavirus sur l’économie mondiale, a déclaré dimanche à l’AFP le ministre français des Finances Bruno Le Maire.

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©Darius Fawkes avec l’AFP pour WPA – TVPC – le 23 février 2020 à 21:12
Source AFP

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