Covid-19: la planète se claquemure et guette le pic de l’épidémie

La perspective que l’épidémie atteigne enfin son pic dans les pays d’Europe les plus meurtris par le coronavirus suscitait de l’espoir lundi, même si la récession est désormais un « fait acquis » en raison des mesures de confinement qui affectent désormais quatre habitants de la planète sur dix.

Plus de 34.000 morts, dont un bébé, le cap des 10.000 morts franchis en Italie, 800 nouveaux décès en 24 heures en Espagne: le macabre bilan de l’épidémie a continué à s’alourdir lundi.

Deuxième pays le plus touché au monde avec 7.340 décès, l’Espagne connait pourtant depuis mercredi un ralentissement continu du nombres de morts, laissant penser que le pic de l’épidémie est proche, dans une Europe où 25.000 personnes ont déjà succombé au Covid-19.

– « férocité » –

Alors que la ville de New York, épicentre de l’épidémie aux Etats-Unis, compte désormais plus de 33.000 cas et 776 morts, Wall Street a décidé d’être optimiste: la Bourse de New York a ouvert en hausse et progressait de 0,43% vers 14H15 GMT.

De leur côté les marchés européens limitaient les pertes, voire repassaient carrément dans le vert comme Francfort et Paris, malgré une série de sombres prédictions.

Soulignant la « férocité étonnante » avec laquelle le virus a frappé l’Europe, le Fonds monétaire international a estimé lundi qu’une « profonde récession » en 2020 sur le Vieux continent était « un fait acquis ». Locomotive de l’Europe, l’économie allemande pourrait se contracter de 2,8% en 2020, selon le scénario retenu par le Comité des sages économiques qui conseillent le gouvernement.

AFP / Apu GOMESUn hôpital de campagne à Indio, en Californie, le 29 mars 2020

– Transports au point mort –

Plus de 3,38 milliards de personnes étant astreintes à rester chez elles, soit 43% de la population mondiale, les transports sont au point mort, et la demande d’or noir aussi.

Lundi, le Brent a atteint 22,28 dollars, un niveau plus vu depuis plus de 17 ans tandis que le WTI a fait des incursions sous la barre des 20 dollars.

Mais la surabondance de l’offre, en pleine guerre des prix entre l’Arabie saoudite et la Russie, tire aussi les cours vers le bas. Le président américain Donald Trump s’est d’ailleurs entretenu lundi à ce sujet, ainsi que sur la manière de juguler l’épidémie, avec son homologue russe Vladimir Poutine.

Lequel a appelé les quelque 12,5 millions de Moscovites à « prendre au sérieux » le confinement qui leur est imposé depuis ce lundi.

Au Zimbabwe, où la police patrouillait massivement lundi dans les rues de la capitale Harare pour faire respecter l’ordre de confinement, des habitants se désolaient de l’arrêt brutal des moyens de transport, qui les empêche de se rendre à leur travail.

Or « je ne peux pas nourrir ma famille ici si je ne travaille pas », a témoigné Most Jawure.

AFP / PAU BARRENADes bonnes soeurs chantent dans une église à Barcelone, le 29 mars 2020

– En attendant le pic –

Partout où le Covid-19 fait des ravages, on guette fébrilement le pic du taux de mortalité, annonciateur d’un reflux et d’un désengorgement des services de réanimation.

AFP / Simon MALFATTOCoronavirus : les pays où la pandémie tue le plus

En attendant, en Italie, pays qui enregistre le record mondial de décès (10.779 pour 97.689 cas recensés), le confinement commence à produire des résultats encourageants après trois semaines.

Mais en France, où plus de 2.600 personnes ont succombé au virus, les soignants sont au bout du rouleau.

« Ce matin, en me réveillant, je pleure. En déjeunant, je pleure. En me préparant, je pleure (…) Là, dans les vestiaires de l’hôpital, je sèche mes larmes. J’inspire. J’expire. Les gens dans les lits pleurent aussi et c’est à moi qu’il incombe de sécher leurs larmes », témoignait sur Facebook, Elise, infirmière à Besançon (Est).

En Grèce, c’est la crainte d’une bombe à retardement sanitaire qui dominait lundi, après l’annonce qu’une grande-mère âgée de 76 ans est décédée du coronavirus à Lesbos, cette île en mer Egée où est situé le camp surpeuplé de migrants de Moria.

– « loi coronavirus » –

En Hongrie, l’opposition craint que la pandémie ne serve de prétexte au pouvoir pour réduire encore les libertés publiques. Le Premier ministre Viktor Orban a ainsi obtenu lundi le feu vert du Parlement pour légiférer par ordonnances dans le cadre d’un état d’urgence à durée indéterminée pour lutter contre le nouveau coronavirus.

« La loi coronavirus » prévoit ainsi que la diffusion de « fausses nouvelles » sur le virus ou les mesures du gouvernement ne soit punie de cinq ans de prison, alors que les rares médias indépendants du pays font régulièrement l’objet de telles accusations.

– annulation et report –

Même quand le pic sera dépassé, le retour à la normale n’est pas pour demain. Ainsi, le Mondial de l’Auto, le grand salon de l’automobile qui ne devait pourtant se tenir que début octobre à Paris, est annulé. Ses organisateurs ont expliqué ne pas pouvoir se permettre de le maintenir sachant que le secteur automobile « joue aujourd’hui sa survie ».

Quant aux Jeux olympiques de Tokyo 2020, ils se tiendront bien, mais pas avant le 23 juillet 2021, soit quasiment un an après la date initialement prévue, ont annoncé lundi les organisateurs.

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