La coalition dirigée par l’Arabie saoudite rejette la déclaration d’autonomie du sud du Yémen


La coalition militaire dirigée par l’Arabie saoudite au Yémen déchiré par la guerre a rejeté lundi une déclaration d’autonomie des séparatistes dans le sud du pays et a exigé « la fin de toute escalade ».

La déclaration séparatiste faite dimanche menace de relancer une « guerre dans une guerre » dans la nation la plus pauvre de la péninsule arabique qui est déjà prise par ce que les Nations Unies appellent la pire catastrophe humanitaire du monde.

La décision des sécessionnistes complique considérablement le conflit élargi du pays, vieux de cinq ans, combattu par la coalition dirigée par l’Arabie saoudite et le gouvernement internationalement reconnu du Yémen contre les rebelles Huthi soutenus par l’Iran qui contrôlent une grande partie du nord.

Les séparatistes du Yémen dans le sud, qui était autrefois un pays séparé, se sont maintes fois efforcés de se séparer à nouveau – une campagne qui a été temporairement suspendue par un accord de partage du pouvoir signé à Riyad en novembre dernier.

Mais dimanche, le Conseil de transition du Sud (STC) a déclaré l’autonomie dans le sud du Yémen, accusant le gouvernement de ne pas s’acquitter de ses fonctions et de « comploter » contre la cause du sud.

Des habitants de la ville d’Aden, dans le sud du pays, ont fait état de déploiements massifs des forces du STC, et une source séparatiste a déclaré à l’AFP qu’ils avaient mis en place des postes de contrôle « dans toutes les installations gouvernementales, y compris la banque centrale et le port d’Aden ».

Le gouvernement yéménite a condamné cette décision et a averti qu’elle pourrait conduire à une issue « catastrophique et dangereuse ».

La coalition a déclaré, selon des tweets de l’Agence de presse saoudienne, que « nous soulignons à nouveau la nécessité de mettre rapidement en œuvre l’accord de Riyad ».

AFP / Mohamed AbdelhakimLes sécessionnistes du STC estiment que le sud devrait être un État indépendant – comme c’était le cas avant l’unification en 1990

« La coalition exige la fin de toute action escalade et appelle au retour à l’accord par les parties participantes. »

Le principal partenaire de la coalition, les Émirats arabes unis, qui a soutenu le STC, a également souligné l’importance de respecter le pacte de Riyad.

« La frustration suscitée par le retard dans la mise en œuvre de l’accord n’est pas une raison pour changer unilatéralement la situation », a tweeté le ministre des Affaires étrangères des EAU, Anwar Gargash.

« Nous avons pleinement confiance dans la volonté de l’Arabie saoudite de mettre en œuvre l’accord. »

– Virus, inondations, choléra –

AFP / Saleh Al-OBEIDIUn enfant yéménite dans une rue inondée de la ville d’Aden, dans le sud du pays, la semaine dernière

La rupture entre les alliés uniques survient alors que la coalition a prolongé un cessez-le-feu unilatéral visant à repousser la pandémie de coronavirus – une branche d’olivier qui a été rejetée par les Huthis.

Pour aggraver les problèmes du pays, au moins 21 personnes ont été tuées dans des inondations soudaines ce mois-ci, qui ont laissé les rues d’Aden submergées et des maisons détruites.

Les Nations Unies ont déclaré dimanche que plus de 100 000 personnes à travers le Yémen ont été touchées par les pluies torrentielles qui ont endommagé les routes, les ponts et le réseau électrique et contaminé l’approvisionnement en eau.

« D’innombrables familles ont tout perdu », a déclaré dans un communiqué Lise Grande, coordinatrice humanitaire des Nations Unies pour le Yémen.

AFP / Dossier / MOHAMMED HUWAISUne jeune Yéménite porte un masque protecteur dans la capitale Sanaa, inquiète de la propagation du nouveau coronavirus

« Cette tragédie vient s’ajouter à la crise du COVID-19, qui vient s’ajouter à la pré-famine de l’année dernière, qui est venue s’ajouter à la pire épidémie de choléra de l’histoire moderne », a-t-elle ajouté.

« La solution est claire. Les parties au conflit doivent trouver le courage d’arrêter les combats et de commencer à négocier. »

– «Mise en danger de la stabilité» –

AFP / Saleh Al-OBEIDIpatrouille de véhicules militaires saoudiens à Aden. La coalition militaire dirigée par l’Arabie saoudite a rejeté la déclaration d’autonomie des séparatistes dans le sud

Le pacte de Riyad sur le partage du pouvoir pour le sud a été salué comme évitant l’éclatement complet du pays, mais avec un manque de mise en œuvre, les observateurs ont déclaré qu’il était effectivement disparu.

Des fissures sont apparues peu après sa signature, avec des plaintes concernant les pénuries alimentaires dans le sud, une forte dépréciation de la monnaie et un manque de fonds pour payer les employés du secteur public.

Le ministre d’État saoudien des Affaires étrangères, Adel al-Jubeir, a déclaré dans un tweet que « nous (Arabie saoudite) et les Émirats arabes unis croyons fermement que l’accord de Riyad, soutenu par la communauté internationale, a garanti au peuple frère yéménite une chance de vivre en paix ».

« Nous rejetons toute hostilité qui mettrait en danger la sécurité et la stabilité du Yémen. »

Alors que le gouvernement et le STC sont techniquement alliés dans la longue guerre contre les Huthis, les sécessionnistes pensent que le sud devrait être un État indépendant – comme c’était le cas avant l’unification en 1990.

AFP / Saleh Al-OBEIDI Descombattants du Conseil de transition sudiste séparatiste du Yémen se déploient à Aden après la déclaration d’autonomie dans le sud

Hussam Radman, chercheur au Centre d’études stratégiques de Sanaa, a déclaré que les séparatistes contrôlaient déjà l’armée et la sécurité à Aden, où ils jouissent d’un soutien populaire.

« Mais avec cette déclaration, il deviendra responsable du côté administratif de la capitale provisoire qui a connu une baisse sans précédent ces derniers temps » de la prestation de services et des performances économiques, a-t-il expliqué à l’AFP.


Translate »
%d blogueurs aiment cette page :