Maladie de Kawasaki et Covid-19 : des enfants touchés, aucun lien causal entre les deux maladies ne serait établi ?


Il y a deux jours nous relayions l’alerte lancée par le britannique quand à l’émergence de ce nouveau symptôme touchant des enfants aux Royaume-Unis.

A raison puisque aujourd’hui, on apprend qu’une vingtaine d’enfants auraient été hospitalisés dans un état grave en réanimation à Paris ces dernières semaines avec des symptômes similaires à la maladie de Kawasaki.

Dans d’autres pays aussi. Certains sont positifs coronavirus. Quel lien avec le Covid-19 ? Quels symptômes ? Quels risques ? Le point.

Des cas recensés en Italie, Royaume-Uni, Belgique mais aussi en France.

Des médecins alertent sur des cas de syndromes inflammatoires observés chez de jeunes enfants (entre 10 et 15 ans) ces dernières semaines avec des symptômes proches de la maladie de Kawasaki.

Déconfinement, réouverture des crêches et des écoles, l’inquiétude des parents ! Le lien est envisagé avec le Covid-19.

Faut-il s’inquiéter à l’approche du déconfinement et du retour progressif annoncé à l’école à partir du 11 mai ? Que disent les scientifiques ? Qu’est-ce que cette maladie ?

La maladie de Kawasaki en elle même n’est pas contagieuse, mais qu’en serait-il s’il s’agissait bien d’un nouveau symptôme lié au SARS-CoV-2 (Covid-19) ? dans le doute, un retour à l’école est-il vraiment toujours raisonnable?

Quels sont les cas en France touchés par cet étrange syndrome ?

L’alerte en France a été donnée par l’hôpital Necker qui a rapporté les cas de 25 enfants hospitalisés en réanimation en région parisienne, sur ces trois dernières semaines, avec un syndrome inflammatoire. 

« Ce syndrome inflammatoire implique le cœur, les poumons ou l’appareil digestif, explique le docteur Damien Bonnet, coordonnateur du réseau M3C Necker à Paris au quotidien Midi Libre.

L’état clinique de certains patients rappelle la maladie de Kawasaki.
 » Ce médecin signale » un nombre croissant d’enfants de tous âges hospitalisés dans un contexte d’inflammation multi-systémique associant fréquemment une défaillance circulatoire avec des éléments en faveur d’une myocardite« .  
Heureusement, « les enfants répondent bien aux traitements.
A ce jour, aucun patient n’a eu de conséquences graves, mais cela nécessite un suivi et une alerte » indique le Pr Pierre-Louis Léger, chef du service de réanimation néonatale pédiatrique à l’Hôpital Trousseau de Paris, interrogé par RMC. Plusieurs médecins, chercheurs, spécialistes des maladies inflammatoires se réunissent mercredi pour mettre en garde les pédiatres et Santé Publique France. 

Un lien avec le coronavirus ?

C’est une possibilité. « L’épidémie (de coronavirus) a démarré il y a 5 semaines en Ile-de-France et ces jeunes enfants affluent depuis 15 jours.

Il y a eu une hausse depuis vendredi (24 avril), note le Dr Bonnet. C’est un phénomène qui nous ennuie. » Ce ne sont pas les premiers cas observés dans le monde. L’alerte est d’abord venue du Royaume-Uni ou le National Health Service (NHS, Agence de Santé du pays) a rapporté les cas d’une douzaine d’enfants hospitalisés dans un état grave présentant de la fièvre, une inflammation des artères (comme lors d’une maladie de Kawasaki) et pour la plupart positifs au Covid-19

« C’est une nouvelle maladie qui, selon nous, peut être causée par le coronavirus, a estimé le ministre anglais de la Santé, Matt Hancock sur la radio LBCNous ne sommes pas sûrs à 100% parce que certaines des personnes qui l’ont contractée n’ont pas été testées positives (au coronavirus). Nous faisons donc actuellement beaucoup de recherche. Mais c’est quelque chose qui nous préoccupe.

 » Matt Hancock a confirmé « une augmentation apparente du nombre d’enfants de tous âges présentant un état inflammatoire multisystèmes nécessitant des soins intensifs à Londres et dans d’autres régions du Royaume-Uni ».

Qu’est-ce que la maladie de Kawasaki et quels sont ses signes ?

La maladie de Kawasaki ou « Syndrome lympho-cutanéo-muqueux » a été décrite par Tomisaku Kawasaki en 1967. C’est une vascularite c’est-à-dire une maladie caractérisée par une inflammation des vaisseaux sanguins qui, en l’absence de traitement, peut se compliquer d’anévrismes coronaires pouvant être mortels.

Même si cette maladie a été rapportée dans le monde entier, elle est beaucoup plus fréquente dans les populations asiatiques, en particulier au Japon. Elle touche dans la grande majorité des cas, les nourrissons et les jeunes enfants avant la puberté. 

C’est une maladie qui reste rare chez l’adolescent et l’adulte. Les enfants atteints de la maladie de Kawasaki présentent un mauvais état général. Les symptômes évocateurs de la maladie de Kawasaki :

  • une fièvre prolongée inexpliquée, supérieure à 38 °C, qui persiste au moins 5 jours et ne répond pas aux antipyrétiques ni aux antibiotiques,
  • une éruption cutanée ;
  • une conjonctivite qui apparaît avec la fièvre ;
  • Yeux rouges ou injectés de sang
  • des atteintes oropharyngées (érythème des lèvres, une sécheresse, des fissures et parfois des saignements). La langue est framboisée ;
  • les adénopathies cervicales (ganglions gonflés) ;
  • des atteintes des pieds et des mains : érythème des paumes ou des plantes ainsi qu’un œdème, desquamation de la peau, c’est-à-dire une perte de la couche superficielle de l’épiderme, touchant principalement la zone vers les organes génitaux, la plante des pieds ou la paume des mains.

Quels sont les risques liés à cette maladie ?

La gravité de cette maladie est définie par les risques cardiaques qu’elle peut engendrer, en l’absence de traitements.  » Les complications cardiaques surviennent chez 25 à 30 % des patients non traités, rapporte La Revue du PraticienLa complication la plus importante est représentée par des anévrismes coronaires, qui surviennent habituellement entre 10 et 30 jours après le début de la maladie. »

« La maladie de Kawasaki est devenue exceptionnellement grave depuis qu’elle est traitée de manière précoce et efficace par les immunoglobulines »

Comment la diagnostiquer ?

Le diagnostic de la maladie de Kawasaki est difficile à poser au début, car plusieurs maladies infantiles ont des symptômes similaires. C’est devant l’association des signes précités, classiquement cinq des six signes évoqués ci-dessus, que le diagnostic est confirmé. Une prise de sang est parfois réalisée montrant une inflammation à son niveau, mais en cas de confirmation de maladie de Kawasaki, une échographie cardiaque doit être pratiquée à la recherche d’un anévrisme coronarien c’est-à-dire une malformation d’une artère du cœur qui fait toute la gravité de cette maladie infantile. Des thromboses, caillots sanguins oblitérant un vaisseau sanguin, peuvent aussi compliquer cette maladie.

Quels traitements ?

La maladie de Kawasaki nécessite une hospitalisation.

La pathologie est traitée à l’aide d’une combinaison médicamenteuse. L’aspirine est utilisée pour prévenir la formation de thromboses, associée à une cure d’immunoglobulines passées par voie veineuse. De plus, l’échographie cardiaque devra être répétée pour surveiller la survenue d’un éventuel anévrisme.« La maladie de Kawasaki est devenue exceptionnellement grave depuis qu’elle est traitée de manière précoce et efficace par les immunoglobulines » explique le Dr Fanny Bajolle du Centre de Référence « Malformations Cardiaques Congénitales Complexes-M3C » de l’hôpital Necker Enfants Malades. Des rechutes sont possibles mais rares.

Sources :
La maladie de Kawasaki en quatre tableaux. Dr Fanny Bajolle. Centre de Référence « Malformations Cardiaques Congénitales Complexes-M3C » de l’hôpital Necker Enfants Malades. 2011.

La maladie de Kawasaki. Les réponses dignes de confiance de l’hôpital pour
enfants de Toronto (Canada), The Hospital for Sick Children

La maladie de Kawasaki; R. Cimaz*, J.-C. Lega; Hospice civils de Lyon, université Claude-Bernard, Lyon-1; 2007.


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