Covid-19 : La plateforme gouvernementale « Désinfox coronavirus » légitime ou atteinte au droit d’informer ?


Mise en place le 15 avril 2020 par le gouvernement, la plateforme Désinfox coronavirus prétend lutter contre la désinformation et les fakenews paraissant sur le coronavirus.

en accédant à cette plateforme gouvernementale on peut y lire « Plus que jamais, se fier ou partager des informations non vérifiées peut induire des erreurs et engendrer des comportements à risque. Pour se protéger et protéger les autres, il est nécessaire de se référer à des sources d’informations sûres et vérifiées. » et encore « Des journalistes spécialisés démêlent le vrai du faux chaque jour. Cet espace dédié vous donne accès aux articles de médias français luttant, dans le cadre de la crise sanitaire, contre la désinformation.« 

Ce qui de prime abord pourrait paraître anodin ne l’est en fait pas tant que cela, en effet si l’on y regarde de plus prêt la plateforme indique que ; « Sont référencés sur cette page les articles des médias français, depuis le 15 avril, disposant d’une rubrique fact checking depuis au moins 2 ans ; d’une équipe fact checking spécialisée ; et d’un accès gratuit au contenu ».

Il faut donc que le média qui désire être repris sur la plateforme réponde à ces conditions, ce qui en soit élimine déjà nombre de journaux pourtant très sérieux et menant des enquêtes pertinentes et pointues, l’autre question pertinente à se poser serait le choix du gouvernement d’imposer deux ans d’ancienneté de la rubrique.

Comme le dénonce sur Twitter le journaliste Claude Askolovitch, « Ce n’est pas leur fonction de créer un portail, de valider tel ou tel site, de parler comme un organe de presse ».

Rappelons-nous que suite à la crise des gilets jaunes en 2019 le gouvernement avait déjà tenté, sans succès heureusement, de mettre en place une organisation de vérification des médias, il semblerait que celui-ci profite à présent de la crise sanitaire pour insidieusement parvenir à ses fins.

La liberté de la presse est un droit fondamental et par essence ne doit en aucun cas dépendre d’un gouvernement ou d’un chef d’état qui déciderait de valider une certaine presse et non une autre, ce sont les fondements même de la liberté d’expression qui sont ici mis en péril.

Car ce faisant le gouvernement Français s’impose de facto en régulateur des normes d’informations, rôle qui ne lui incombe absolument pas dans une démocratie digne de ce nom, en sa qualité de contre pouvoir, la presse est et doit rester libre et indépendante.

C’est le droit d’informer en tant que tel qui doit être protégé en raison même de son importance fondamentale pour tout système démocratique.


©Darius Fawkes pour WPA – TVPC – VOXIVITAS
Photo d’illustration: La porte-parole du gouvernement Sibeth Ndiaye parle lors d’une conférence de presse, le 18 mars, à Paris, en France.  PHOTO / Ludovic Marin/Pool via REUTERS

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