Covid-19 : après une telle pandémie, le monde a changé, il ne peut y avoir de « retour à la normale », estime l’OMS


L’Organisation mondiale de la santé (OMS) a averti mercredi qu’il ne peut y avoir de « retour à la normale » après la pandémie de Covid-19 qui a bouleversé la planète ces dernières semaines.

« Nous ne pouvons pas continuer à nous précipiter à financer la panique et laisser la préparation au bord du chemin », a déclaré le Dr. Tedros Adhanom Ghebreyesus, Directeur général de l’OMS, lors d’une conférence de presse virtuelle organisée depuis Genève.

« Alors que nous nous efforçons de répondre à cette pandémie, nous devons également travailler plus dur pour nous préparer à la prochaine », a ajouté le Dr. Tedros. Une façon d’inviter les dirigeants mondiaux à jeter les bases de systèmes de santé plus résistants, « ce qui a été ignoré pendant trop longtemps ».

« Il vaut mieux prévenir que guérir, et c’est aussi moins cher », a rappelé le Dr. Tedros. « La pandémie finira par reculer, mais il ne peut y avoir de retour à la normale », a-t-il insisté. Pour le patron de l’OMS, l’urgence est de bâtir des systèmes de santé solides « comme fondement de la sécurité sanitaire mondiale et de la couverture sanitaire universelle ».

Investir maintenant dans la santé sauvera des vies plus tard

Des systèmes de santé solides et résistants constituent la meilleure défense non seulement contre les épidémies et les pandémies, mais aussi contre les multiples menaces sanitaires auxquelles les populations du monde entier sont quotidiennement confrontées.

« Si nous apprenons quelque chose du Covid-19, c’est qu’investir dans la santé maintenant sauvera des vies plus tard », a réitéré le Dr. Tedros.

Le Directeur général a d’ailleurs rappelé que le monde dépense chaque année pour la santé, environ 7.500 milliards de dollars, soit près de 10 % du produit intérieur brut (PIB) mondial. Mais pour le chef de l’OMS, les meilleurs investissements sont ceux qui visent à promouvoir la santé et à prévenir les maladies, ce qui permettra de sauver des vies et d’économiser de l’argent.

« L’histoire nous jugera tous, non seulement sur notre capacité à surmonter cette pandémie, mais aussi sur les leçons que nous en avons tirées et les mesures que nous avons prises une fois qu’elle a pris fin », a-t-il fait remarquer.

La pandémie de Covid-19 a fait près de 245.150 morts dans le monde, selon le bilan établi mercredi par l’OMS. Au total, 3.557.235 cas d’infection ont été officiellement diagnostiqués dans 195 pays et territoires.

L’Europe reste le continent le plus touché avec 1.595.499 cas dont 147.820 décès. Mais les États-Unis sont le pays le plus touché avec plus de 62.698 décès sur 1.171.185 cas de contamination. Viennent ensuite le Royaume-Uni avec 29.427 morts, l’Italie avec 29.315 morts, l’Espagne avec 25.613 morts et la France avec 25.531 morts.

Déconfiner avec prudence

Depuis début avril, environ 80.000 nouveaux cas en moyenne ont été signalés à l’OMS chaque jour. « Mais ce ne sont pas que des chiffres », a dit le Dr Tedros. «  Chaque cas est une mère, un père, un fils, une fille, un frère, une sœur ou un ami », a-t-il précisé, pour ne pas faire perdre de vue la dimension humaine de la crise. 

Alors que plusieurs pays cherchent à assouplir les mesures de restrictions mises en place pour freiner la pandémie, le chef de l’OMS a appelé à la vigilance, alertant contre tout relâchement. « Le risque de retour au confinement reste très réel si les pays ne gèrent pas la transition avec une extrême prudence », a mis en garde le Dr Tedros.

Aux pays qui envisagent d’assouplir les mesures de restriction dites de « confinement », l’OMS a rappelé certaines de ses recommandations. Les pays doivent prendre en considération une surveillance robuste, une baisse des cas et un contrôle de la transmission. Il faut également que les systèmes de santé soient en mesure de détecter, isoler, tester et traiter chaque cas ainsi que retracer chaque contact.

Pour l’OMS, les risques d’épidémies doivent être aussi minimisés dans des environnements particuliers comme les établissements de santé et les maisons de retraite. Il s’agit aussi de prendre des mesures préventives sur les lieux de travail, les écoles et dans d’autres endroits où il est essentiel que les gens se rendent.

Les pays doivent également s’assurer que les risques d’importation du virus puissent être gérés et que les communautés soient pleinement éduquées, engagées ou habilitées à s’adapter à la « nouvelle norme » du déconfinement.

« L’antidote à cette pandémie est la solidarité mondiale »

Cet appel à la prudence intervient alors que l’OMS fait état d’une baisse du nombre de cas de Covid-19 en Europe occidentale. Dans le même temps, l’agence onusienne estime que de nouveaux cas sont signalés chaque jour en Europe orientale, en Afrique, en Asie du Sud-Est, en Méditerranée orientale et dans les Amériques. Et même au sein de chaque région er pays, l’organisation constate « des tendances divergentes ».

Dans ces conditions, chaque pays et chaque région a besoin d’une approche sur mesure. Mais l’impact de la pandémie de Covid-19 va bien au-delà du nombre de cas et de décès. « Dans le monde entier, la pandémie a provoqué une grave perturbation des services de santé essentiels – y compris des soins de santé communautaires », a rappelé le Dr. Tedros, soulignant que « l’antidote à cette pandémie est l’unité nationale et la solidarité mondiale ». « Ensemble, nous vaincrons », a conclu le chef de l’OMS.


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