L’ odeur de soufre inquiétante s’étend de Lille jusqu’à Nantes : les causes probables.


Depuis la nuit de dimanche, de nombreuses personnes l’ont signalée sur les réseaux sociaux mais également aux pompiers de l’Ile-de-France. Quelques heures plus tôt, il en était de même chez leurs collègues dans Hauts-de-France.

Depuis ce lundi matin, les habitants des Pays de la Loire – précisément de Nantes, de la Sarthe et du Mans – appellent également les hommes du feu, pour signaler le même phénomène.

Tous signalent un phénomène à la fois désagréable et inquiétant : une forte odeur de soufre qui plane dans l’air. La crainte d’un accident industriel comme celui de Lubrisol, près de Rouen, est évoquée par les gens – parfois paniqués – qui composent le 18. À tort : Aucune intervention particulière n’est en cours expliquent les pompiers.

A quoi pourrait correspondre cette odeur ?

Elle pourrait être signe d’une pollution atmosphérique relative à deux éléments principaux. Le premier le NO2 – dioxyde d’azote. faisant partie de la famille des NOx, soit des oxydes d’azote, qui se forment par combinaison de l’oxygène et de l’azote.

A savoir que le NO2 est un gaz très toxique par inhalation. Il a une odeur nauséabonde et âcre, il pique les yeux car il interagit chimiquement avec l’eau, (en ce compris le liquide lacrymal).

Néanmoins cette odeur peut aussi être le signe d’une pollution au dioxyde de soufre (SO2), celui-ci a une odeur d’œuf pourri très caractéristique. Cependant, l’organisme de surveillance de la qualité de l’air en Ile-de-France, Airparif, n’a pas relevé de fortes teneurs en SO2.

L’organisme de surveillance précise que cette odeur pestilentielle peut aussi être émise par un composant très présent dans les eaux usées, qui est le sulfure d’hydrogène (H2S), un gaz très reconnaissable, mais ne faisant pas partie de leurs relevés.

Quelle pourrait être l’origine de cette odeur ?

Première hypothèse – Le brassage des égouts

C’est ce qu’a avancé dès la nuit dernière, Emmanuel Grégoire, premier adjoint à la mairie de Paris, indiquant que ce pourrait être lié aux brassages des réseaux d’assainissement suite aux fortes pluies, faisant ainsi remonter les gaz de décomposition.

Bien que tangible, l’affirmation semble insuffisante : les violents orages de ce week-end ont entraîné de fortes précipitations, elles-mêmes engorgeant et brassant le réseau des eaux pluviales et d’assainissement, mais était-ce suffisant pour soulever de telles odeurs, et sur une distance allant de Lille jusqu’à Nantes ?

Il et plausible que du dioxyde de soufre (ou sulfure d’hydrogène) ait été relâché dans l’atmosphère par les égouts des grandes villes mais ces gaz ne sont pas forcément suffisants pour créer à eux seuls un phénomène d’une telle ampleur, géographiquement parlant.

Seconde Hypothèse – Les orages auraient amplifié le phénomène

Il faut savoir que les phénomènes orageux produisent de l’ oxydes d’azote, tout comme les éruptions volcaniques et les grands incendies de forêts.

Selon les études météorologiques, environ 1,2 milliards d’éclairs se produisent dans le monde chaque année.
Des études en laboratoire et sur le terrain révèle que le cœur des éclairs peut atteindre des températures de 29 700 °C. Cette chaleur prodigieuse, est largement suffisante pour faire fondre instantanément le sable et en casser les molécules d’oxygène et d’azote en deux atomes individuels.

Dans les faits, chaque éclair peut produire de l’oxyde d’azote (Nox), lequel réagit avec la lumière du soleil ainsi qu’avec d’autres gaz composant l’atmosphère , ce qui produit notamment l’ozone.

L’ozone peut nuire à la santé des humains et des plantes s’il est un couche basse alors qu’en haute atmosphère, il produit un effet de serre puissant.. Cependant à dose raisonnable l’ozone en suspend dans la stratosphère, réduit la radiation des ultraviolets, responsables des cancers.

Bien que la France n’ait pas connu d’orage violents produisant des milliers d’éclairs, la quantité produite pourrait avoir suffit à produit des oxydes d’azote.

Troisième hypothèse – Une onde de pollution

Cette thèse est avancée par le Météorologue, climatologue et géographe, Régis Crépet dans un tweet , s’appuyant sur les données du scientifique Mark Parrington du Service de surveillance de l’atmosphère à .l’ Observatoire Copernic ECMVF

Comme nous l’avons constaté ce week-end, après des flux de sud-sud-ouest chauds et humides faisant remonter sur la France des orages puissants et durables, l’installation d’un important front froid, venant du nord-nord-est, a rapidement repoussé cet afflux d’air chaud, ramenant des températures plus fraîches jusque dans le sud de la Loire. Ce qui a notamment provoqué ce dimanche brumes et brouillard épais sur la Manche, le Cotentin et la Bretagne Nord, d’après météo France.

Ce front froid a drainé sur son passage, l’atmosphère chargée en pollutions à particules fines PM2.5 (dont NO2 et SO2 ) lequel s’est accumulé le long de la bordure chaude installée sur la Grande-Bretagne et une partie de l’Europe du Nord .

La dangerosité du phénomène est-elle élevée ?

Tout dépend de la quantité du polluant considéré, ici de la concentration du NO2 (ou des NOx) et du SO2 contenu dans l’atmosphère.

Pour Airparif, les concentrations relevées la nuit dernière et ce matin, ne dépassent pas les seuils de dangerosité établis par les autorités.

Les valeurs limites pour Airparif correspondent à, en moyenne annuelle, 50 µg/m³ pour le SO2 et 40 µg/m³ pour le NO2. Hors les valeurs relevées la nuit dernière n’auraient pas dépassé les 50 µg/m³ pour le NO2.

Alarmé, le laboratoire de la Préfecture de Police a procédé à des prélèvements la nuit dernière afin d’identifier l’origine de cette odeur.

Les résultats seront connus dans la journée.


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