Justice : Le suspect du génocide rwandais Kabuga traduit devant un tribunal français


Le suspect du génocide rwandais, Félicien Kabuga, a été mis en accusation devant un procureur français mardi, trois jours après que la police ait perquisitionné sa cachette dans la banlieue parisienne, mettant fin à une chasse à l’homme qui a duré 26 ans.


L’homme de 84 ans est accusé d’avoir financé et armé des milices qui ont massacré environ 800 000 personnes. Il a été inculpé en 1997 pour sept chefs d’accusation, dont celui de génocide, tous en relation avec le génocide du Rwanda de 1994.

Kabuga est arrivé au siège de la Cour d’appel de Paris sous haute protection policière. Des cavaliers encadrent le convoi et des officiers armés gardent l’entrée. L’audience a commencé environ trois heures plus tard, selon une source judiciaire.

Kabuga, un homme d’affaires hutu, est accusé d’avoir financé la milice.

Le procureur devait définir la procédure juridique avant que l’affaire ne soit transmise aux juges d’instruction qui décideront s’il y a lieu de transférer Kabuga à un tribunal des Nations unies chargé de traiter les crimes présumés contre l’humanité.

Au moins un groupe de soutien aux victimes du génocide basé en France a déclaré qu’il envisageait une action en justice pour découvrir comment Kabuga a pu entrer dans la clandestinité en France et quelle aide il a reçue.

« Il était notre Klaus Barbie, notre (Adolf) Eichmann », a déclaré Etienne Nsanzimana, président du groupe de soutien Ibuka France, en référence à deux éminents criminels de guerre nazis.

« Comment est-il resté en fuite pendant 26 ans ? Pendant combien d’années a-t-il été en France et a-t-il reçu de l’aide pour vivre confortablement ? Je ne pense pas qu’il n’y avait que sa famille », a ajouté M. Nsanzimana.

Quelque 800.000 Tutsis et Hutus modérés ont été tués en 100 jours de tuerie à partir du 6 avril 1994, orchestrée par le gouvernement dirigé par les Hutus et ses alliés de la milice ethnique.

L’armée belge alors déployé au Rwanda dans le cadre de l’opération Onusienne MINUAR, avait aussi payé un lourd tribu lors de ce génocide avec l’assassinat des dix paras belges du 2ème bataillon de Commandos de Flawinne tués à Kigali le 7 avril 1994. Leur assassinat avait provoqué le retrait du contingent belge du Rwanda et marquer profondément l’opinion publique belge.

On ne sait pas quand ni comment Kabuga, qui avait une prime de 5 millions de dollars américains sur sa tête, est entré en France.

Le ministère français de la justice a déclaré qu’il vivait sous une fausse identité à Asnières-sur-Seine, dans la banlieue parisienne.


Translate »
%d blogueurs aiment cette page :