Le logement en France attend les premiers chiffres sur l’ampleur de la crise


En plein essor depuis plusieurs années, le marché français du logement ancien est tombé à l’arrêt avec la crise du coronavirus. De premiers chiffres officiels donneront ce jeudi une idée de la chute des transactions au début du confinement.

Les notaires et l’Insee publieront à 08H45 leurs chiffres trimestriels sur l’immobilier ancien. Ils détailleront combien de ventes ont été effectuées entre janvier et mars et comment les prix ont évolué en moyenne.

Cet indicateur est toujours très attendu, mais prend cette fois une importance particulière car il couvre le début de la crise sanitaire et économique du coronavirus, en particulier la mise en place en France d’un strict confinement à la mi-mars.

Par la suite, il a été impossible pendant presque deux mois de visiter un logement et très difficile d’achever une transaction, même si le gouvernement a facilité les signatures virtuelles auprès des notaires.

Où en était le marché avant ce brusque coup d’arrêt? Il était florissant: les transactions plafonnaient à un niveau jamais vu, à plus d’un million par an, et les prix ne cessaient d’augmenter chaque année, passant même les 10.000 euros le mètre carré à Paris.

Désormais, « très vraisemblablement, nous n’atteindrons pas ou tout juste le chiffre de 900.000 dans le courant de l’année 2020 », prévenait la semaine dernière Jean-François Humbert, président du Conseil supérieur du notariat (CSN), sur la radio Franceinfo.

« Donc, en volume, cela représentera une baisse d’au moins 10% », précisait-il.

Et les prix? Il sera difficile de tirer quelque conclusion que ce soit des chiffres de ce jeudi, qui ont été arrêtés alors que la crise n’en était que dans ses premières semaines.

– Les banques surveillées –

Certes, les notaires d’Île-de-France, qui présenteront les chiffres nationaux lors d’une conférence de presse, donneront leurs propres estimations sur l’évolution récente des prix en région parisienne, sur la base de contrats préliminaires entre acheteurs et vendeurs.

Mais, même avec des données plus actuelles, il sera encore trop tôt pour dresser une tendance de fond sur les prix, alors que le déconfinement début mai n’a pas mis fin à une crise économique qui s’annonce historique.

« Les scénarios les plus pessimistes, on ne va pas s’en apercevoir tout de suite », a prévenu auprès de l’AFP Thomas Lefebvre, directeur scientifique du site MeilleursAgents, qui rassemble des données recueillies auprès d’une bonne partie des agents français.

L’attitude des banques en particulier s’annonce cruciale. A quel point limiteront-elles les prêts immobiliers alors que ces derniers étaient en plein essor depuis des années, contribuant à soutenir la demande et faire monter les prix?

« Les derniers moments où les prix immobiliers ont baissé, c’est quand les banque resserraient le robinet de crédit », a souligné M. Lefebvre.

A court terme, il note un autre facteur susceptible de peser sur les prix. Les dernières données recueillies par son site montre que les acquéreurs potentiels tendent désormais à évaluer les biens immobiliers de manière nettement moins chère que les vendeurs.

« Avec cette divergence d’estimation des prix, on attend des négociations plus longues et plus dures, ce qui va sûrement entraîner des baisses modérées des prix sur l’ensemble du territoire », a-t-il avancé, sans croire pour autant que le rapport de forces va s’inverser dans des zones tendues comme Paris.


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