Hydroxychloroquine : The Lancet prend ses distances avec son étude controversée


La prestigieuse revue médicale The Lancet a pris ses distances avec l’étude très critiquée qu’elle a publiée sur l’hydroxychloroquine, en reconnaissant dans un avertissement formel que « d’importantes questions » planaient à son sujet.

The Lancet souhaite ainsi « alerter les lecteurs sur le fait que de sérieuses questions scientifiques ont été portées à (son) attention » au sujet de cette étude, qui fait actuellement l’objet d’un audit initié par ses auteurs, indique la revue.

Cet avertissement a été publié mardi soir sous la forme d’une « expression of concern » (« expression de préoccupation »), déclaration formelle employée par les revues scientifiques pour signifier qu’une étude pose potentiellement problème.

Si une « expression of concern » n’est pas aussi lourde de conséquences qu’une rétractation pure et simple, elle est tout de même de nature à jeter le doute sur des travaux scientifiques.

L’étude en cause a conduit dans le monde entier à l’interruption d’essais cliniques sur l’hydroxychloroquine, car elle conclut que ce médicament n’est pas bénéfique aux malades du Covid-19 hospitalisés et peut même être néfaste.

Dans la foulée de sa parution, de nombreux chercheurs ont exprimé leurs doutes sur l’étude, y compris des scientifiques sceptiques sur l’intérêt de l’hydroxychloroquine contre le Covid-19.

Dans une lettre ouverte publiée le 28 mai, des dizaines de scientifiques du monde entier soulignent que l’examen minutieux de l’étude du Lancet soulève « à la fois des inquiétudes liées à la méthodologie et à l’intégrité des données ».

Ces données émanent de Surgisphere, qui se présente comme une société d’analyse de données de santé, basée aux Etats-Unis.

Après avoir déjà qualifié l’étude de « foireuse », il a estimé qu’elle avait été réalisée par des « pieds nickelés », dans une vidéo mise en ligne mardi.

De leur côté, les auteurs, le Dr Mandeep Mehra et ses collègues, défendent leur étude.

« Nous sommes fiers de contribuer aux travaux sur le Covid-19″ en cette période d' »incertitude », avait déclaré à l’AFP le 29 mai l’un d’eux, Sapan Desai, patron de Surgisphere.


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