Le journaliste camerounais Samuel Wazizi décède en détention provisoire: RSF


L’organisme international Reporters Sans frontières qualifie la mort de Samuel Wazizi de « pire crime contre un journaliste au cours des 10 dernières années au Cameroun ».

le groupe de défense Reporters sans frontières (RSF) à annoncé que le journaliste camerounais Samuel Wazizi, arrêté en août pour avoir critiqué la gestion par le gouvernement de la révolte séparatiste au Cameroun, est décédé en détention.  

Samuel Wazizi a travaillé pour CMTV, un diffuseur local basé dans la région du Sud-Ouest, l’ une des deux régions où les séparatistes ont lancé en 2017 une campagne armée pour établir une patrie indépendante pour la minorité anglophone du Cameroun.

Dans son communiqué de presse publié ce mercredi soir, RSF demande aux autorités d’ouvrir « une enquête sérieuse et indépendante » afin de faire toute la lumière sur les circonstances ayant conduit à la mort du journaliste.

Samuel Wazizi, présentateur de la chaîne régionale Chillen Media Television (CMTV) avait été arrêté le 2 août 2019 avant d’être récupéré cinq jours plus tard par les militaires de la 21e brigade d’infanterie de Buéa, capitale de la région du Sud-Ouest. Ni ses proches, ni ses avocats n’avaient eu de nouvelles de lui depuis son arrestation à Muea, dans la région du Sud-Ouest anglophone.

RSF a déclaré que la mort de Samuel Wazizi avait été confirmée par deux sources, dont le chef du Syndicat national des journalistes camerounais, tandis qu’un officier supérieur de l’armée a déclaré que le journaliste était « malade » sans donné aucun autre détail.

Mardi, la chaîne privée Equinoxe TV, citant ce qu’elle a décrit comme « des sources proches du commandement militaire », déclarait que Wazizi était décédé lors du transfert vers la capitale, Yaoundé, à une date inconnue après son arrestation.  

Arnaud Froger, responsable du bureau Afrique de RSF déclare que « La mort de ce journaliste détenu au secret par des militaires en dehors de toute procédure légale est la pire exaction commise contre un professionnel de l’information depuis dix ans au Cameroun« 

Il précise également que « Rien ne justifiait sa détention dans une caserne et rien ne peut excuser sa mort ! Les circonstances très troubles de cette affaire restent à éclaircir ».

Nous appelons les autorités camerounaises à mettre fin au silence intolérable autour de cette affaire, à restituer le corps du journaliste à sa famille et à mener une enquête approfondie et indépendante pour établir la chaîne de responsabilité et les circonstances qui ont conduit à cette tragédie

Reporters Sans Frontières

Le dernier cas de journaliste mort dans une prison camerounaise remonte au 22 avril 2010. Le directeur de publication de Cameroun Express Ngota Ngota Germain, dit Bibi Ngota, était décédé “des suites d’infections opportunistes liées au VIH”. Une version officielle à laquelle n’a jamais cru sa famille qui estime que le journaliste a été privé de soins appropriés pour son asthme et son hypertension.

RSF se bat depuis plusieurs mois pour que l’ex directeur général de la radiotélévision publique camerounaise  CRTV ne connaisse pas le même sort. Amadou Vamoulké est en détention provisoire depuis près de quatre ans. Il est âgé de 70 ans et au moins un cas de coronavirus a été détecté parmi les prisonniers de la maison d’arrêt de Kondengui à Yaoundé dans laquelle il est incarcéré. RSF, qui demande son évacuation sanitaire depuis plusieurs mois, vient de saisir le rapporteur de l’ONU sur le droit à la santé.

Nous nous joignons à Reporters Sans Frontières pour dénoncer cette exaction contre un membre de la presse et demander aux autorités camerounaises de briser le silence intolérable autour de cette affaire, de restituer le corps du journaliste à sa famille, et de conduire une enquête sérieuse et indépendante pour établir la chaîne de responsabilités et les circonstances ayant conduit à cet événement tragique.

Le Cameroun a perdu trois places et occupe désormais la 134e position sur 180 au Classement mondial de la liberté de la presse établi en 2020 par RSF.

Il n’y a actuellement aucun commentaire de la part du gouvernement camerounais.


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