Zineb Redouane victime d’un « accident », les conclusions de l’expertise



Zineb Redouane est devenue un des symboles des victimes d’actions policières lors des manifestations des gilets jaunes.

Le 2 décembre 2018, en plein nuage de gaz lacrymogènes, elle recevait au visage des éclats de grenade lacrymogène dans son appartement.

Rappel des faits

Lors de l’acte 3 des gilets jaunes, elle fermait simplement ses volets pour se protéger des gaz, elle en subira les conséquences…

La manifestaion dénommée « acte III », est organisée à Marseille à l’appel de Gilets jaunes, de militants et partis écologiste, de la Confédération générale du travail et du Collectif du 5-Novembre (né après des effondrements d’immeubles en novembre).

 La manifestation passe dans la rue des Feuillants, dans le 1er arrondissement.
Zineb Redouane habite au quatrième étage dans un immeuble situé au 12 de cette rue, faisant l’angle de la Canebière.

Alors qu’elle ferme ses volets pour éviter les fumées des grenades lacrymogènes, elle en reçoit une au visage.

Selon plusieurs témoins, elle a déclaré avoir été visée par les forces de l’ordre.
Sa fille affirme que sa mère lui a dit, juste après avoir reçu la grenade : « Le policier m’a visée Je l’ai vu. »

Elle est soignée à l’hôpital de la Timone puis à celui de la Conception où elle meurt le lendemain, au bloc opératoire, d’un arrêt cardiaque.

Zineb Redouane est inhumée le 25 décembre 2018 à Birkhadem en Algérie.

L’enquête

Deux capsules de dix grammes de gaz lacrymogène sont retrouvées chez elle, projetées par des grenades MP7.

Une longue enquête commence alors en parallèle de la saisie de l’IGPN.

Même si  le procureur de la République indique que Zineb Redouane est morte d’« un choc opératoire », et que « on ne peut pas établir de lien de cause à effet entre la blessure et le décès »,  les médecins constatent un « traumatisme facial sévère, avec fractures de l’ensemble de l’hémiface droite, et des fractures costales » et « œdème pulmonaire aigu ».

Dans un premier temps, Le médecin légiste ne se prononce pas directement sur la cause de la mort, mais évoque les antécédents médicaux de Zineb Redouane. 

un rapport d’autopsie rendu public plus tard évoque des « fractures de l’ensemble de l’hémiface droite » et des « fractures costales ».

Des légistes algériens ont aussi autopsié la dépouille et estiment que « l’importance de ce traumatisme est directement responsable de la mort par aggravation de l’état antérieur de la défunte, malgré les soins prodigués en urgence ».

 La famille porte plainte pour violences ayant entraîné la mort et demande le dépaysement de l’enquête, six mois après le décès, sous le motif que l’enquête n’a pas avancé et que le policier n’a toujours pas été identifié malgré la présence d’une caméra de surveillance.

face aux contradictions de l’enquête, notamment celle des conclusions divergentes entre l’autopsie algérienne et la française, des incohérences subsistent dans l’enquête.

Mediapart et Le Monde révèlent que « c’est André Ribes, numéro 2 du parquet de Marseille, qui était aux côtés des forces de l’ordre lors de la manifestation du 1er décembre 2018, avec l’accord du procureur de République de Marseille » et qu‘il « n’en avait informé ni les enquêteurs, ni la juge d’instruction marseillaise » alors qu’il était chargé du début de l’enquête. 

Le 20 mai 2020, le rapport d’expertise indique que le fonctionnaire de police, auteur du tir, a été finalement identifié, et que le tir « a été effectué selon les règles d’usage », sans visée: « la grenade de type MP7 lancée par l’arme de type Cougar a atteint la victime de manière totalement accidentelle ».

L’avocat de la famille de la victime espère que cette expertise sera ignorée par les nouveaux juges.

De nombreux témoignages et marches en soutien à la famille ont lieu partout en France.

Le 30 novembre un millier de personnes ont défilé à Marseille, sous le slogan « Nous sommes tous des enfants de Zineb ».

Cette thèse de la mort accidentelle fait réagir

Ces conclusions ne satisfont ni la famille etni son avocat Yassine Bouzrou, qui demandent la radiation de l’expert en balistique.

Déjà en mars 2019 le ministre de l’Intérieur, Christophe Castaner, déclarait France Inter : « Je ne voudrais pas qu’on laisse penser que les forces de l’ordre ont tué Zineb Redouane. Parce que c’est faux. »
Il confirme sa déclaration sur la chaîne BFM TV : « Qu’on n’accuse pas la police d’avoir tué quelqu’un, ça n’est pas le cas ».

A l’instar d’ Adama Traoré, Aboubakar Fofana ou encore Steve Maia Caniço, Zineb Redouane devient peu à peu l‘un des symboles des luttes anti-violences policières.
Elle est considérée par d’autres comme la « neuvième morte » de l’effondrement des immeubles de la rue d’Aubagne et par certains militants antiracistes comme une nouvelle preuve du racisme de la police.

sources
le parisien
wikipedia


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