France: Affaire Fillon – l’ex-premier ministre reconnu coupable de fraude


Un tribunal de Paris a jugé l’ancien Premier ministre français François Fillon coupable d’avoir utilisé des fonds publics pour payer sa femme et ses enfants pour un travail qu’ils n’ont jamais effectué.

Sa femme, Pénélope Fillon, a également été reconnue coupable de complicité.

Le tribunal n’a pas encore précisé la sentence.

Le travail avait rapporté à la famille plus d’un million d’euros (1,08 million de dollars) depuis 1998.

Le scandale a éclaté dans les médias français trois mois à peine avant l’élection présidentielle de 2017, Fillon étant en tête de la course. Cela lui a coûté sa réputation. Fillon a sombré à la troisième place de l’élection, qui a été remportée par Emmanuel Macron.

M. Fillon, qui a été premier ministre français de 2007 à 2012, et son épouse ont nié toute faute et peuvent faire appel de la décision.

Le rôle de Pénélope Fillon aux côtés de son mari a attiré toute l’attention lors du procès de février-mars, qui visait à déterminer si ses activités étaient dans le rôle traditionnel de partenaire d’un élu – ou s’il s’agissait d’un véritable travail rémunéré.

Les procureurs ont dénoncé des « pratiques frauduleuses et systématiques » et ont demandé cinq ans de prison, dont trois ans avec sursis, et une amende de 375 000 euros (plus de 415 000 dollars) contre François Fillon, ainsi qu’une peine de trois ans avec sursis et la même amende contre son épouse.

Fillon a été accusé de détournement de fonds publics, de réception d’argent provenant de l’utilisation abusive de fonds publics et de détournement d’actifs de l’entreprise. Sa femme a été accusée principalement en tant que complice.

Au cours du procès, Pénélope Fillon a expliqué comment elle a décidé de soutenir la carrière de son mari lorsqu’il a été élu pour la première fois comme législateur français en 1981 dans la petite ville de Sable-sur-Sarthe, dans l’ouest rural de la France.

Au fil des ans, elle s’est vu proposer différents types de contrats en tant qu’assistante parlementaire, en fonction de la carrière politique de son mari.

Elle décrit son travail comme étant principalement la réalisation de rapports sur des questions locales, l’ouverture du courrier, la rencontre avec les habitants et l’aide à la préparation de discours pour des événements locaux. Elle a déclaré que ce travail lui permettait d’avoir un horaire flexible et d’élever leurs cinq enfants dans le manoir de campagne des Fillon. Elle a ajouté que son mari était celui qui décidait des détails de ses contrats.

Les procureurs ont souligné le manque de preuves concrètes de son travail, notamment l’absence de déclarations de congés payés ou de congés maternité, car son salaire atteignait jusqu’à neuf fois le salaire minimum français.

Le procureur Aurélien Letocart a fait valoir que « rencontrer les électeurs, aller chercher les enfants à l’école, faire les courses ou lire le courrier n’est pas censé être un travail rémunéré ».

Letocart a déclaré que Fillon « avait un profond sentiment d’impunité, la certitude que son statut dissuaderait quiconque de le poursuivre … Cela devient cynique quand cette attitude vient d’un homme qui a fait de la probité sa marque de fabrique ».

François Fillon a insisté sur le fait que le travail de sa femme était réel et a déclaré que, selon la séparation des pouvoirs, la justice ne peut pas interférer avec la façon dont un législateur organise le travail dans son bureau.

En outre, les accusations portent également sur un contrat qui a permis à Pénélope Fillon de gagner 135 000 euros en 2012-2013 en tant que consultante pour un magazine littéraire appartenant à un ami de son mari – également un prétendu faux travail. Le propriétaire du magazine, Marc de Lacharrière, a déjà plaidé coupable et a été condamné à une peine de huit mois de prison avec sursis et à une amende de 375 000 euros en 2018.

L’Assemblée nationale, qui s’est portée partie civile, a demandé une amende totale de 1,081 million d’euros correspondant aux salaires et charges sociales qui ont été payés.

Fillon, autrefois le plus jeune législateur à l’Assemblée nationale à l’âge de 27 ans, a été premier ministre sous le président Nicolas Sarkozy de 2007 à 2012. Il a également été ministre sous deux précédents présidents, François Mitterrand et Jacques Chirac.

Il a quitté la politique française en 2017 et travaille maintenant pour une société de gestion d’actifs.


Photo d’illustration: L’ex-Premier ministre français François Fillon et son épouse Penelope au Palais de justice de Paris, le 29 juin 2020. AFP / Bertrand GUAY

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