La police malaisienne convoque les journalistes d’Al Jazeera, pour un reportage sur les arrestations de migrants.


La police malaisienne a déclaré mardi qu’elle convoquera les reporters de la chaîne d’information Al Jazeera pour les interroger sur un documentaire concernant les arrestations de migrants sans papiers dans le pays, que les autorités ont accusé d’être une tentative de ternir l’image de la Malaisie.

« Locked up in Malaysia’s Lockdown », produit par le programme d’information 101 East de la station basée au Qatar, a mis l’accent sur le sort de milliers de sans-papiers détenus lors de raids menés dans des zones soumises à une stricte quarantaine de coronavirus.

Le documentaire, diffusé la semaine dernière, a suscité une réaction immédiate en ligne, tandis que plusieurs responsables ont dénoncé le rapport comme étant inexact, trompeur et injuste.

Ce retour de flamme s’inscrit dans un contexte d’inquiétudes concernant la répression de la liberté de la presse sous le gouvernement du Premier ministre Muhyiddin Yassin, qui est arrivé au pouvoir en mars, ainsi que de colère croissante envers les étrangers et les réfugiés, qui ont été accusés de propager le coronavirus et de grever les ressources de l’État.

Cette semaine, le ministre de la défense, Ismail Sabri Yaakob, a demandé à Al Jazeera de présenter des excuses aux Malaisiens et a déclaré que les allégations de racisme et de discrimination à l’encontre des migrants sans papiers étaient fausses.

Les autorités avaient précédemment défendu les arrestations comme étant nécessaires pour faire respecter la loi et endiguer la propagation de la pandémie.

La police fera appel au personnel d’Al Jazeera dans le cadre d’une enquête ouverte après plusieurs plaintes déposées contre le documentaire, a déclaré mardi l’inspecteur général de la police Abdul Hamid Bador aux journalistes.

« Il est de la responsabilité de la police d’enquêter pour voir s’il y a des éléments de sédition ou de malversation », a-t-il déclaré, selon une vidéo de ses commentaires publiée par le portail d’information Malaysia Gazette.

Les porte-parole d’Al Jazeera n’ont pas répondu à une demande de commentaires envoyée par e-mail.

Par ailleurs, mardi, le département de l’immigration de Malaisie a publié un avis de recherche pour un ressortissant bangladais dont le nom, les détails et les photos correspondent à ceux d’un travailleur migrant interviewé dans le documentaire.

Cette enquête est la dernière en date d’une série de mesures de répression contre les journalistes et les militants qui, selon les groupes de défense des droits, visent à étouffer toute dissidence.

En mai, une journaliste du South China Morning Post, basé à Hong Kong, a été interrogée par la police sur ses reportages concernant les arrestations de migrants.


Source photo : Le360 ; rédaction par Lincoln Feast, pour Reuters ; édité et traduit par,

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