La filière aéronautique mobilisée à Toulouse contre les plans sociaux


Des centaines de personnes ont défilé jeudi midi au départ du siège social d’Airbus à Blagnac (Haute-Garonne) vers l’aéroport de Toulouse-Blagnac pour protester contre les nombreux plans sociaux annoncés dans la filière aéronautique.

Cette journée de mobilisation est organisée à l’appel de la CGT, première organisation syndicale représentative de la filière aéronautique en Occitanie, qui recouvre 110.000 emplois – soit 40% de l’emploi industriel régional – et 1.100 entreprises.

Elle intervient au lendemain de la mobilisation historique de plusieurs milliers de salariés d’Airbus à Toulouse pour dénoncer les 5.000 suppressions d’emploi prévues par l’avionneur européen en France dans le cadre d’un plan de restructuration mis en place pour faire face à la crise du transport aérien provoquée par la pandémie liée au nouveau coronavirus.

Avant le départ du cortège, Jean-Luc Mélenchon, député de La France insoumise, a critiqué les milliards d’euros distribués par le gouvernement et plaidé pour “l’utilisation des compétences et savoir-faire pour aller vers la reconversion écologique”.

Le gouvernement a lancé début juin un plan de 15 milliards d’euros – dont une aide de sept milliards déjà accordée à Air France – pour soutenir la filière aéronautique française, des aides assorties de conditions sur l’”accélération de la transformation écologique”.

Mais les annonces qui ont suivi de plans sociaux chez Airbus et chez Air France ont suscité une vague de critiques de l’opposition et de syndicats.

LE GOUVERNEMENT EXCLUT DES DÉPARTS CONTRAINTS

La ministre déléguée chargée de l’Industrie Agnès Pannier-Runacher a de son côté défendu la stratégie du gouvernement. “Ce que nous faisons (…) en prenant des mesures d’accompagnement d’Air France, d’Airbus, de Renault, c’est pour empêcher ces entreprises de disparaître et c’est pour sauver le maximum d’emplois possible”, a-t-elle dit sur Radio classique jeudi matin.

Elle a réaffirmé l’opposition du gouvernement à tout départ contraint, en soulignant qu’”on doit respecter les salariés mais on ne doit pas empêcher l’économie de bouger à un moment où vous perdez 50% de votre carnet de commandes”, comme c’est le cas pour Airbus.

L’avionneur européen a annoncé le 30 juin son intention de supprimer 15.000 postes d’ici l’été 2021, dont un tiers en France et 3.378 à Toulouse. Treize ans après Power 8 qui portait sur 10.000 suppressions de postes chez Airbus et ses sous-traitants, dont 4.300 en France et 1.100 au siège de Toulouse, il s’agit du plan social le plus lourd de l’histoire d’Airbus.

Au total, Airbus emploie 27.000 personnes en région toulousaine. Cela représente plus de la moitié des effectifs en France de l’avionneur européen, qui comptait 49.000 salariés dans l’Hexagone à la fin de l’exercice 2019.


Julie Rimbert, avec Myriam Rivet à Paris, pour Reuters; édité par,

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