Un juge américain envisage de rendre publics, les documents relatifs au procès civil de Ghislaine Maxwell.


Un juge américain examinera s’il convient de rendre publics les dossiers d’un procès civil intenté en 2015 contre Ghislaine Maxwell, la mondaine britannique et associée de longue date de Jeffrey Epstein, accusée au pénal d’avoir attiré des filles pour que le financier défunt les abuse sexuellement.

La juge américaine Loretta Preska a prévu une audience jeudi à Manhattan pour discuter de la levée des scellés sur plus de 80 documents que Ghislaine Maxwell veut garder secrets.

Il s’agit notamment des carnets de vol des jets privés d’Epstein, de témoignages de déposition en 2016 dans lesquels les avocats de Maxwell ont déclaré qu’on lui avait posé des questions « intrusives » sur sa vie sexuelle, et de rapports de police de Palm Beach, en Floride, où Epstein avait un domicile.

Ces documents faisaient partie du procès en diffamation intenté par Virginia Giuffre, l’accusatrice d’Epstein, à Maxwell, qui a été réglé de manière confidentielle en 2017.

Les avocats de Maxwell et Giuffre n’ont pas répondu immédiatement aux demandes de commentaires.

Giuffre a accusé Maxwell d’avoir permis à Epstein d’abuser d’elle alors qu’elle était mineure, ce que Maxwell a nié.

Maxwell, 58 ans, est détenue dans une prison de Brooklyn après avoir plaidé non coupable, le 10 juillet, des accusations selon lesquelles elle aurait aidé Epstein à recruter et finalement abusé de filles de 1994 à 1997, et aurait commis un parjure en niant avoir eu connaissance de ses abus dans ses dépositions.

Elle tente de mettre un terme à la diffusion d’informations qui, selon elle, pourraient entraver sa défense dans cette affaire pénale.

Mardi, ses avocats ont demandé à la juge américaine Alison Nathan une ordonnance de silence empêchant les procureurs, les agents du FBI et les avocats de certains accusateurs de parler publiquement de l’affaire pénale en dehors du tribunal.

Les avocats de Maxwell ont déclaré que plusieurs facteurs l’emportaient sur toute présomption selon laquelle le public serait autorisé à accéder aux documents que Giuffre veut faire ouvrir. Il s’agit notamment de l’embarras possible, du risque que la divulgation puisse « influencer de manière inappropriée les témoins potentiels ou les victimes présumées », et de la possibilité que de nombreux « non-parties » liées à Maxwell ou Epstein soient exposées.

Certains documents, y compris des parties de la déposition de Maxwell, ont été descellés le 9 août 2019, un jour après qu’Epstein ait exécuté son testament et un jour avant qu’il ne soit retrouvé pendu dans sa cellule à l’âge de 66 ans. Sa mort a été considérée comme un suicide.

Avant son arrestation, Epstein avait fréquenté au fil des ans de nombreuses personnalités, dont le prince Andrew de Grande-Bretagne, le président américain Donald Trump et l’ancien président Bill Clinton.

En 2007, il s’est entendu avec les procureurs américains à Miami pour plaider coupable aux accusations de prostitution de l’État et passer 13 mois en prison plutôt que de faire face aux accusations fédérales de trafic sexuel, un accord désormais largement considéré comme trop indulgent.

Dans des extraits de sa déposition du 22 avril 2016, précédemment rendue publique, Maxwell a déclaré qu’une « très petite partie » de son travail consistait à trouver des « massothérapeutes professionnels pour adultes » pour Epstein, qui avait des maisons à Manhattan et à Palm Beach.

Giuffre avait 17 ans lorsqu’elle aurait donné des massages à Epstein en Floride, selon la déposition.

« Donc elle avait 17 ans. A 17 ans, vous avez le droit d’être une masseuse professionnelle et en ce qui me concerne, elle était masseuse professionnelle », a déclaré Maxwell dans la déposition. « Il n’y a rien d’inapproprié ou d’incorrect à ce qu’elle vienne à ce moment-là pour donner un massage. »


Source photo : Lucas Jackson pour Reuters ; rédaction par Leslie Adler et Noeleen Walder, pour Reuters ; édité et traduit par,

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