Grosse manifestation à Khabarovsk en Russie contre la gestion de la politique régionale

Des milliers de personnes protestent contre le Kremlin pour le troisième week-end

Des milliers de personnes ont défilé samedi dans la ville de Khabarovsk, à l’extrême est de la Russie, pour le troisième week-end consécutif, afin de protester contre la gestion par le président Vladimir Poutine d’une crise politique régionale

Les habitants de Khabarovsk, située à environ 6 110 km et sept fuseaux horaires à l’est de Moscou, sont mécontents de la détention, le 9 juillet, du populaire gouverneur régional de la région, Sergueï Furgal, qui a été arrêté pour des accusations de meurtre qu’il nie.

Sa détention, qui, selon ses partisans, était motivée par des raisons politiques, a déclenché plus de deux semaines de manifestations de rue, créant un mal de tête pour le Kremlin qui tente de remédier à une forte baisse des revenus réels induite par la COVID-19 et de contenir les troubles alors que l’économie bégaie.
Des images de la manifestation ont montré des personnes scandant « Disgrace ! » et des slogans demandant la démission de Poutine parce que les habitants de la région avaient perdu confiance en lui.

Les autorités municipales ont estimé qu’environ 6 500 personnes avaient participé à la manifestation. Les médias locaux ont estimé le nombre de participants à 20 000 personnes.

Les manifestations ont mis en évidence la colère de certains habitants de l’Extrême-Orient face à ce qu’ils considèrent comme une politique émanant d’autorités moscovites détachées à l’autre bout du pays.
Les partisans de Furgal, le gouverneur arrêté et membre du parti nationaliste LDPR, estiment qu’il est puni tardivement pour avoir battu en 2018 un candidat du parti pro-Poutine Russie Unie, au pouvoir.
Le Kremlin affirme que Furgal doit répondre à de sérieuses accusations.

Des manifestations aussi soutenues sont inhabituelles dans les régions de Russie, tout comme le fait que les autorités n’ont pas encore pris de mesures pour les disperser.

Dans un effort apparent pour désamorcer les tensions, Poutine a nommé lundi un nouveau gouverneur par intérim à la tête de la région.
Mais les manifestants ont déclaré qu’ils se sentaient insultés par le choix de Mikhaïl Degtyaryov, qui n’a aucun lien avec la région, et l’ont appelé à démissionner lui aussi.

Reportage d’Andrew Osborn ; pour reuters ; traduit et édité par

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