Le parti au pouvoir en Pologne prend ses distances par rapport à la proposition de sortir du traité sur la violence domestique


Le parti conservateur au pouvoir en Pologne, Law and Justice (PiS), a pris ses distances aujurd’hui par rapport à une proposition du ministre de la justice visant à se retirer d’un traité européen sur la violence contre les femmes, affirmant que tous les membres de la coalition n’y étaient pas favorables.

Le PiS et ses partenaires de la coalition s’alignent étroitement avec l’Église catholique. Ils ont déjà critiqué la Convention d’Istanbul comme étant trop libérale, mais n’ont adopté aucune politique de retrait.

Samedi, le ministre de la justice, Zbigniew Ziobro, qui représente un petit parti de droite au sein de la coalition au pouvoir, a déclaré que son ministère soumettrait lundi une demande au ministère du travail et de la famille afin d’entamer le processus de retrait du traité.

Ziobro a déclaré que la Pologne disposait d’outils juridiques suffisants pour protéger les victimes de la violence domestique et que le traité violait les droits des parents en exigeant que les écoles enseignent aux enfants la notion de genre.

Mais ce matin, les responsables du PiS ont fait un pas en arrière.

« Les décisions n’ont pas été prises. Ce n’est pas notre position commune. Le ministre a une idée. S’il soumet (sa proposition), nous l’analyserons », a déclaré la porte-parole du PiS, Anita Czerwinska.

Le porte-parole du gouvernement Piotr Muller a également déclaré que le cabinet n’a pas pris de décision concernant le traité.

Abandonner le traité deviendrait probablement une autre pomme de discorde entre la Pologne et l’UE, qui a critiqué les politiques du PiS qui, selon l’Union, sapent la démocratie.

Le PiS se plaint depuis longtemps de la Convention, que la Pologne a ratifiée sous un précédent gouvernement centriste en 2015. Le gouvernement affirme que le traité est irrespectueux envers la religion et exige l’enseignement de politiques sociales libérales dans les écoles.

La décision finale du gouvernement n’est pas claire.

Le PiS s’est retiré de certaines de ses propositions dans le passé, notamment d’un projet visant à renforcer les règles déjà restrictives en matière d’avortement.
La secrétaire générale du Conseil de l’Europe, Marija Pejcinovic Buric, a déclaré dimanche que la Pologne ne devrait pas se retirer du traité.

Officiellement, le parlement devra adopter une nouvelle législation pour se retirer de la Convention d’Istanbul, qui devra ensuite être signée par le président, Andrzej Duda.

M. Duda a déjà critiqué le traité par le passé.

Reportage d’Agnieszka Barteczko et Anna Koper, pour reuters ; traduit et édité par

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