L’Iran lance secrètement des missiles balistiques lors d’un exercice


Les Gardiens de la révolution paramilitaires iraniens ont lancé secrètement des missiles balistiques dans le cadre d’un exercice impliquant un porte-avions factice dans le détroit d’Ormuz, a rapporté la télévision d’Etat mercredi.

Il s’agit du dernier barrage d’un exercice qui, la veille, a vu deux bases américaines passer temporairement en alerte à la suite de ces lancements.

Les images de drones capturées par la Garde montrent deux missiles qui s’élancent de positions couvertes dans ce qui semble être un plateau désertique au centre de l’Iran, avec des débris qui s’envolent dans le ciel dans leur sillage.

Les lancements ont eu lieu mercredi, a déclaré le général Amir Ali Hajizadeh, le chef de la division aérospatiale de la Garde. Il a déclaré à la télévision d’Etat que c’était la première fois que la Garde faisait cela, bien que la force paramilitaire soit connue pour avoir de vastes bases souterraines cachant son arsenal de missiles balistiques.

Par ailleurs, des drones ont visé le pont du faux porte-avions, selon le reportage de la télévision d’État. Le diffuseur n’a pas immédiatement diffusé les images des tirs ou de l’attaque des drones, ni identifié les missiles utilisés lors de l’exercice.

Cependant, l’exercice avait clairement pour but d’envoyer un message aux États-Unis.

Une agence de presse semi-officielle proche de la Garde a publié du jour au lendemain un graphique qui a photographié l’image d’un transporteur américain en forme de cercueil avec un réticule dessus, avec une légende citant le Guide suprême, l’Ayatollah Ali Khamenei, qui s’est engagé à se venger de l’attaque de drone américaine qui a tué un général iranien de haut rang en janvier.

L’exercice – et la réponse américaine à cet exercice – ont souligné la menace persistante d’un conflit militaire entre l’Iran et les États-Unis après qu’une série d’incidents de plus en plus graves l’année dernière ait conduit à l’attaque du drone en janvier. Téhéran a répondu à cette attaque en tirant des missiles balistiques qui ont blessé des dizaines de forces américaines en Irak.

Alors que la pandémie de coronavirus a englouti l’Iran et les États-Unis pendant des mois, la confrontation s’est intensifiée, l’Amérique prétendant prolonger d’un an l’embargo sur les armes imposé par l’ONU à Téhéran, qui doit expirer en octobre. Un incident récent au-dessus de la Syrie, impliquant un avion de chasse américain qui s’est approché d’un avion de ligne iranien, a également ravivé les tensions.

Les commandos iraniens sont descendus rapidement d’un hélicoptère sur la réplique de l’exercice « Great Prophet 14 », diffusé mardi. Les canons anti-aériens ont ouvert le feu sur un drone cible près de la ville portuaire de Bandar Abbas.

Les images de la télévision d’État ont également montré une variété de missiles tirés depuis des bateaux rapides, des camions, des lanceurs mobiles et un hélicoptère, certains visant le faux transporteur. Un commandant a déclaré que la Garde, une force relevant uniquement de Khamenei, avait prévu de tirer également des « missiles balistiques à longue portée » pendant l’exercice qui s’est poursuivi mercredi.

Les tirs de missiles balistiques détectés lors de l’exercice ont entraîné la mise en alerte des troupes américaines sur la base aérienne d’Al-Dhafra à Abu Dhabi dans les Emirats arabes unis et sur la base aérienne d’Al-Udeid, le quartier général avancé du commandement central de l’armée américaine au Qatar, ont indiqué les militaires. Les troupes ont cherché à se mettre à l’abri pendant cette période.

« L’incident a duré quelques minutes et le feu vert a été donné après que la menace… soit passée », a déclaré le commandant de l’armée américaine Beth Riordan, porte-parole du commandement central.

Les deux bases sont à des centaines de kilomètres de l’endroit où l’Iran a mis le porte-avions réplique.

Al-Dhafra abrite aussi temporairement cinq avions de chasse Rafale de fabrication française en route vers l’Inde pour l’armée de l’air de ce pays.

D’autres images de l’exercice diffusées par la télévision d’État iranienne ont montré des bateaux rapides encerclant le porte-avions factice, provoquant des vagues blanches dans leur sillage. Alors que les forces navales iraniennes sont éclipsées par la marine américaine, leurs commandants pratiquent des tactiques dites « d’essaim » visant à écraser les porte-avions américains qui passent par le détroit pour entrer et sortir du golfe Persique.

Il n’a pas été possible de savoir immédiatement si toutes les images dataient de mardi, car une image de surveillance aérienne qui semblait avoir été tournée par un drone portait la date de lundi. L’exercice était attendu, car les photos satellites diffusées lundi montraient le faux porte-avions mis en place par un remorqueur.

Une photo satellite en noir et blanc prise mardi par la société Maxar Technologies, basée dans le Colorado, montrait des dommages à l’avant de la réplique et à plusieurs de ses faux chasseurs à réaction.



Un reportage de Gambrell à Dubaï, aux Émirats arabes unis. Traduit et édité par,

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