L’Allemagne et la France veulent donner plus d’argent et de pouvoir à l’Organisation mondiale de la santé

L’Allemagne et la France veulent donner plus d’argent et de pouvoir à l’Organisation mondiale de la santé après que la pandémie COVID-19 a mis en évidence les faiblesses financières et juridiques de longue date de l’agence des Nations unies, comme le montre un document interne vu par Reuters.

Les réformes proposées pourraient déjà être discutées à l’OMS à la mi-septembre, ont déclaré à Reuters trois fonctionnaires familiers avec les discussions, dans un délai rapide qui confirmerait les préoccupations croissantes des deux puissances européennes à l’égard de l’organisation, qu’elles considèrent également comme excessivement soumise à des influences extérieures.

Dans un document commun diffusé auprès des diplomates participant aux négociations sur la réforme, Berlin et Paris ont déclaré que le mandat de l’OMS, qui consiste notamment à prévenir les épidémies dans le monde et à aider les gouvernements à y faire face, n’était pas étayé par des ressources financières et des pouvoirs juridiques suffisants.

« Non seulement pendant la pandémie actuelle, il est devenu évident que l’OMS n’a pas les capacités nécessaires pour remplir ce mandat », selon le document vu par Reuters.

Un diplomate occidental à Genève, faisant référence aux contributions des Etats membres basées sur leur PIB, a déclaré : « Le point essentiel est le décalage entre le mandat et le financement de l’OMS. Elle est très favorable à l’OMS, elle devrait avoir plus d’argent et (ils demandent) une augmentation des contributions obligatoires ».

La France et l’Allemagne cherchent un consensus « de Washington à Pékin » autour du document, a déclaré une source proche des discussions.
Cette démarche montre le vif intérêt des deux pays pour une révision visant à renforcer l’OMS, malgré l’échec des discussions avec les États-Unis sur ce sujet au début du mois d’août au niveau du G7 en raison de divergences de vues sur la réforme.

La France et l’Allemagne, dont les ministres de la santé ont promis de nouveaux fonds après les discussions avec le directeur général de l’OMS, Tedros Adhanom Ghebreyesus, en juin, n’ont pas caché leurs critiques à l’égard de l’OMS.

Mais leur approche est très différente de celle de l’administration Trump, qui a réduit le financement, annoncé son retrait à partir de juillet prochain et accusé Tedros d’être une marionnette de la Chine.

Le plan de réforme franco-allemand vise à renforcer l’OMS, en partie pour lui permettre d’être plus critique à l’égard des États membres s’ils ne respectent pas les règles mondiales en matière de transparence dans la notification des questions de santé et de maladie.

Un fonctionnaire du gouvernement allemand, invité à commenter le document, a déclaré : « L’Allemagne, avec d’autres, veut une réforme, des discussions sont en cours à différents niveaux ».

Le ministère français de la santé n’était pas disponible pour commenter le document.
SOUS-FINANCÉ
Ce document de sept pages énumère dix réformes visant à renforcer les pouvoirs juridiques et le financement de l’OMS.

« Le budget global de l’OMS, qui s’élève à environ 5 milliards de dollars par exercice biennal, équivaut au financement d’un hôpital sous-régional plus important », indique le document conjoint, qui préconise un financement plus important et plus fiable.

Seul un cinquième du budget de l’agence provient des paiements des États membres sans conditions. Le reste provient de « contributions volontaires à court terme, imprévisibles et en grande partie très spécifiques », selon le document, qui fait apparemment référence au rôle des bailleurs de fonds philanthropiques individuels tels que la Fondation Bill & Melinda Gates.

Un budget plus important est nécessaire, en particulier pour faire face aux urgences, selon le document, afin d’éviter que l’OMS ne doive collecter des fonds en plein milieu des épidémies, ce qui pourrait réduire encore plus son indépendance.

Les experts de l’OMS devraient pouvoir « enquêter de manière indépendante et évaluer les épidémies (potentielles) le plus tôt possible », indique le document. La Chine a été accusée, dans cette pandémie et dans les épidémies passées, d’être lente ou réticente à partager les données et à accorder un accès rapide aux équipes de l’OMS.
L’OMS devrait également être soumise à une surveillance plus stricte dans les situations d’urgence afin d’évaluer rapidement ses opérations, indique le document, qui propose la création d’un groupe d’experts nationaux qui pourraient surveiller les crises.

Pour s’assurer que les réformes proposées ont un suivi adéquat, le document recommande la création d’un groupe d’experts à cet effet, similaire à celui qui évalue actuellement la gestion de la pandémie.

Andreas Rinke, Stephanie Nebehay ; pour reuters ; traduit et édité par

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